À quelques jours de son départ du Canada, Mgr Luigi Ventura sort de son silence et donne sa version des faits en répliquant à La Presse au sujet du scandale Lahey.
Dans une entrevue téléphonique, le nonce apostolique tient d'abord à clarifier sa position sur le cas Lahey : « J'étais choqué, comme tout le monde. »
Quelques jours après l'annonce des accusations portées contre l'ex-évêque d'Antigonish pour possession et importation de pornographie juvénile, un article de La Presse reprenait à son compte les arguments de l'Association des victimes de prêtres du Québec. À en croire ce journal, Mgr Ventura aurait volontairement tenté « d'étouffer l'affaire Lahey ».
La Presse n'a visiblement pas cru bon de questionner le principal individu visé par de telles allégations avant de mettre sous presse. Ainsi, le journal prête des intentions à Mgr Ventura sans l'avoir préalablement consulté pour obtenir sa version des faits.
« Je suis arrivé d'Italie le dimanche (ndlr : 20 septembre), et j'ai été informé du fait qui s'était passé à l'aéroport (ndlr : 15 septembre) dans des termes très génériques. Le particulier, je l'ai su comme tout le monde, de la presse. Je l'ai lu dans les journaux », explique Mgr Ventura.
Mgr Luigi Ventura aurait-il dû faire éclater cette histoire au grand jour ? Pour répondre honnêtement à cette question, il importe d'avoir une bonne compréhension de la succession des événements.
Car contrairement à ce que suggère l'Association des victimes de prêtres du Québec, Mgr Luigi Ventura a réagi en dépit d'informations incomplètes.
Rappelons par ailleurs qu'un mandat d'arrestation n'a été émis que le vendredi 25 septembre et que, jusqu'à preuve du contraire, le matériel électronique et informatique confisqué à Mgr Lahey à l'aéroport d'Ottawa faisait partie d'une démarche pour déterminer s'il y avait matière ou non à enclencher des procédures judiciaires.
« Ce que j'ai reçu était suffisant pour démissionner », assure l'ambassadeur du Saint-Siège au Canada.
Autrement dit, dans ce cas, les soupçons ont suffi à mettre en branle le processus de démission. Le nonce a donc exhorté Mgr Raymond Lahey à démissionner.
« La lettre [de démission] est arrivée exactement à la nonciature avec le courrier normal le mercredi 23 septembre. J'étais arrivé le samedi 19 septembre à la nonciature, [de retour] d'Italie. La réponse de Rome est arrivée le 25, c'est-à-dire le vendredi. Et la nouvelle de la démission acceptée à été publiée le 26 », relate le prochain nonce apostolique en France.
Le mandat d'arrêt pancanadien à l'endroit de Mgr Lahey a été émis le 25 septembre par la police d'Ottawa. Rome a également confirmé le 25 septembre qu'on acceptait la démission de Mgr Lahey. Or, il ne saurait y avoir de lien de causalité entre ces deux événements : le décalage horaire, le processus déjà enclenché de la démission de Mgr Lahey, le mandat d'arrêt strictement canadien et le fait que l'existence de ce mandat n'ait été médiatisée que le 30 septembre sont autant d'éléments qui rend farfelue l'affirmation du contraire.
Le lien de causalité doit plutôt être établi avec l'interpellation de Mgr Lahey à l'aéroport. Ainsi, l'acceptation de la démission de l'évêque d'Antigonish est l'aboutissement d'un processus basé sur des soupçons. Il n'y avait encore officiellement aucune contrainte légale forçant cette décision.
Loin d'étouffer l'affaire, Mgr Ventura a au contraire exercé un véritable leadership confirmant on ne peut plus clairement la politique de tolérance zéro décrétée par Rome suite aux trop nombreux cas de pédophilie. Mais fallait-il pour autant ébruiter l'affaire ?
«La nonciature n'a pas le devoir de publier des nouvelles que je ne connaissais pas dans les détails », fait valoir Mgr Ventura, faisant référence à ces allégations selon lesquelles il aurait tenté d'étouffer l'affaire.
À part une incohérence sur sa date d'arrivée au Canada en provenance d'Italie, la version de Mgr Ventura tient la route.
Quant à la Conférence des évêques catholiques du Canada, Luigi Ventura affirme qu'elle était au courant, mais qu'elle n'en savait pas davantage.
« Le président de la Conférence des évêques catholiques du Canada était informé dans les termes que je connaissais. C'était très peu, et générique. »
Le prélat est catégorique lorsqu'on lui demande son opinion sur l'article alléguant qu'il aurait voulu maintenir un « voile de silence » sur l'affaire Lahey.
« Ce qui est paru dans La Presse, c'était de la pure fantaisie, de la mystification. Je le dis : de la mystification. Je n'ai pas compris l'intention et pourquoi ils ont voulu chercher (sic) comme ça », tranche Mgr Ventura.
Départ pour Paris
Mgr Luigi Ventura partira pour l'Europe le 4 novembre. Il intégrera ses fonctions de nonce apostolique à Paris vers la fin du mois de novembre.
L'annonce de son transfert a été faite le 22 septembre dernier. Or, la décision date du 9 juin dernier. On a donc laissé passer l'été entre la décision du Saint-Siège et l'annonce de cette décision.
Avant cette date, plusieurs rumeurs laissant présager cette nomination circulaient déjà.
***
Retrouvez également cet article à l'adresse suivante : philippevaillancourt.com
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mardi 27 octobre 2009
jeudi 15 octobre 2009
1,9 million $ : multiplication des pains pour Sel + Lumière
Au réveil ce matin, Télévision Sel + Lumière était plus riche de près de 1,9 million $. Grâce à quelques dons majeurs, cette chaîne câblée catholique tire plutôt bien son épingle du jeu dans la difficile joute des dons.
« Cette soirée est un témoignage du soutien important qu'obtient Télévision Sel + Lumière d'un bout à l'autre du pays », a affirmé le père Thomas Rosica, csb, pdg de la Fondation catholique Sel et Lumière média.
La somme a été amassée au cours d'une soirée bénéfice rassemblant 150 convives qui se tenait au Royal Ontario Museum. Ce gala 2009, Une soirée à la Mer morte, s'est tenu autour de l'exposition historique sur les Manuscrits de la mer Morte et des Dix Commandements du Deutéronome.
Retenons comme principal fait marquant de la soirée un don de 1 million $ de la part de la Fondation Hilary M. Weston pour la jeunesse (famille Weston) pour le développement de nouvelles émissions présentant les enseignements du pape Benoît XVI sur les relations interreligieuses.
Deux autres dons majeurs ne sont pas passés inaperçus : le Conseil suprême des Chevaliers de Colomb a donné 500 000 $, tandis que la famille Desmarais et Power Corporation du Canada a accordé 50 000 $ à la chaîne bilingue.
Sel + Lumière existe depuis à peine six ans et compte environ 2 millions de téléspectateurs au Canada.
« Cette soirée est un témoignage du soutien important qu'obtient Télévision Sel + Lumière d'un bout à l'autre du pays », a affirmé le père Thomas Rosica, csb, pdg de la Fondation catholique Sel et Lumière média.
La somme a été amassée au cours d'une soirée bénéfice rassemblant 150 convives qui se tenait au Royal Ontario Museum. Ce gala 2009, Une soirée à la Mer morte, s'est tenu autour de l'exposition historique sur les Manuscrits de la mer Morte et des Dix Commandements du Deutéronome.
Retenons comme principal fait marquant de la soirée un don de 1 million $ de la part de la Fondation Hilary M. Weston pour la jeunesse (famille Weston) pour le développement de nouvelles émissions présentant les enseignements du pape Benoît XVI sur les relations interreligieuses.
Deux autres dons majeurs ne sont pas passés inaperçus : le Conseil suprême des Chevaliers de Colomb a donné 500 000 $, tandis que la famille Desmarais et Power Corporation du Canada a accordé 50 000 $ à la chaîne bilingue.
Sel + Lumière existe depuis à peine six ans et compte environ 2 millions de téléspectateurs au Canada.
jeudi 9 juillet 2009
Controverse eucharistique autour du premier ministre canadien
Alors que le premier ministre du Canada se retrouve plongé dans une controverse religieuse au sujet de l’eucharistie, la question de la communion lors d’événements officiels impliquant des représentants du gouvernement demeure entière aux yeux de bien des médias.
La scène se passe le 3 juillet dernier, à l’occasion des funérailles selon le rite catholique de l’ancien gouverneur général du Canada Roméo Leblanc. Au moment de la communion, Mgr André Richard, archevêque de Moncton au Nouveau-Brunswick, s’approche des dignitaires dans la première rangée et leur offre la communion. Stephen Harper reçoit l'hostie d'une seule main. C'est à partir de ce moment que naît la controverse. Ou plutôt LES controverses.
Car la controverse est double, d’où sa complexité… et son caractère pédagogique.
Controverse : version 1.0
Une vidéo circulant largement sur le site de partage vidéo YouTube ne réussit pas à établir hors de tout doute que le premier ministre porte à sa bouche l’hostie qu’on lui offre. Certains observateurs supposent alors qu’il l’aurait mise dans sa poche, ce qui heurte la sensibilité de plusieurs catholiques au pays.
Controverse : version 2.0
D'autres observateurs prétendent plutôt qu'il aurait bel et bien consommé l'hostie. C'est d'ailleurs la version officielle du gouvernement et des gens qui étaient à proximité du premier ministre au moment de la communion. Or, Stephen Harper est protestant. Normalement, dans une église catholique, il n'aurait pas dû consommer l'hostie consacrée et s'inviter, malgré lui, dans un débat de nature œcuménique.
Les origines de la controverse
Pourquoi les médias n'en parlent-ils que maintenant alors que les funérailles ont eu lieu vendredi dernier, le 3 juillet ?
L'histoire a éclaté hier après que Mgr Brian Henneberry, prêtre du diocèse de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, eut demandé au bureau du premier ministre si ce dernier avait bel et bien communié. Selon la Presse canadienne, Mgr Henneberry, qui n'avait pas vu la cérémonie à la télévision, a exigé des explications après avoir reçu un appel d'une femme catholique offusquée du comportement du premier ministre.
La version de l'archevêque de Moncton
Selon Mgr André Richard, Stephen Harper a communié après avoir reçu l'hostie de ses mains. Il ne voit pas de problème à ce que le premier ministre protestant ait reçu la communion si cela était fait dans le respect du sacrement.
Droit canonique
« Stephen Harper n’est absolument pas en faute », affirme sans hésiter Mgr Jean Pelletier, chancelier du diocèse de Québec et spécialiste en droit canonique. Selon lui, c'est plutôt l'archevêque de Moncton qui, en allant vers les dignitaires au lieu de les laisser venir à lui, a malgré lui créé une situation embarrassante. Quant aux accusations contre Stephen Harper, Mgr Pelletier est d'avis « qu'on est allé un peu vite dans les insinuations ».
Protocole
Habituellement, lors de messes catholiques auxquelles participent des représentants du gouvernement, les clercs laissent les dignitaires s’avancer pour recevoir l’hostie consacrée. Cela leur laisse donc le choix de le faire ou non en toute discrétion. Le premier ministre canadien, un protestant, n’a pas eu le loisir de choisir le 3 juillet dernier.
À titre d'exemple, l'actuelle gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, bien que baptisée catholique, se dit ouvertement athée. Elle s'abstient donc de communier lors de messes catholiques, comme ce fut le cas par exemple à la messe de clôture du Congrès eucharistique international de Québec l'an dernier.
Le cas du gouverneur général du Canada soulève cependant des questions quant au symbole qu'il représente. Il est au Canada en tant que représentant civil de la royauté britannique. Or, ce rôle se limite à la sphère civile et politique. Ainsi, si Élizabeth II est également à la tête de l'Église anglicane, il n'en est pas de même au Canada puisque ce rôle appartient réellement au primat anglican du Canada, qui est élu par le Synode des évêques. C'est pourquoi les gouverneurs généraux du pays peuvent agir comme bon leur semble lors de cérémonies religieuses.
L'ancienne gouverneure générale, Adrienne Clarkson, était toutefois anglicane. Le clergé catholique s'est d'ailleurs permis de lui rappeler qu'elle ne devrait pas communier dans une messe catholique (ce qu'elle avait pris l'habitude de faire). Mme Clarkson a suivi le conseil et avait dès lors cessé cette pratique.
Dans le cas des funérailles de Roméo Leblanc, il aurait sans doute fallu mieux préparer le moment sensible de la communion. C'est normalement le rôle des conseillers du premier ministre de s'assurer que ce dernier évite de se mettre les pieds dans les plats. Mais avec les années qui passent et la difficulté croissantes à recruter des conseillers politiques ayant une large culture religieuse, les Canadiens peuvent s'attendre à être confrontés à ce genre de problème plus souvent qu'avant.
La scène se passe le 3 juillet dernier, à l’occasion des funérailles selon le rite catholique de l’ancien gouverneur général du Canada Roméo Leblanc. Au moment de la communion, Mgr André Richard, archevêque de Moncton au Nouveau-Brunswick, s’approche des dignitaires dans la première rangée et leur offre la communion. Stephen Harper reçoit l'hostie d'une seule main. C'est à partir de ce moment que naît la controverse. Ou plutôt LES controverses.
Car la controverse est double, d’où sa complexité… et son caractère pédagogique.
Controverse : version 1.0
Une vidéo circulant largement sur le site de partage vidéo YouTube ne réussit pas à établir hors de tout doute que le premier ministre porte à sa bouche l’hostie qu’on lui offre. Certains observateurs supposent alors qu’il l’aurait mise dans sa poche, ce qui heurte la sensibilité de plusieurs catholiques au pays.
Controverse : version 2.0
D'autres observateurs prétendent plutôt qu'il aurait bel et bien consommé l'hostie. C'est d'ailleurs la version officielle du gouvernement et des gens qui étaient à proximité du premier ministre au moment de la communion. Or, Stephen Harper est protestant. Normalement, dans une église catholique, il n'aurait pas dû consommer l'hostie consacrée et s'inviter, malgré lui, dans un débat de nature œcuménique.
Les origines de la controverse
Pourquoi les médias n'en parlent-ils que maintenant alors que les funérailles ont eu lieu vendredi dernier, le 3 juillet ?
L'histoire a éclaté hier après que Mgr Brian Henneberry, prêtre du diocèse de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, eut demandé au bureau du premier ministre si ce dernier avait bel et bien communié. Selon la Presse canadienne, Mgr Henneberry, qui n'avait pas vu la cérémonie à la télévision, a exigé des explications après avoir reçu un appel d'une femme catholique offusquée du comportement du premier ministre.
La version de l'archevêque de Moncton
Selon Mgr André Richard, Stephen Harper a communié après avoir reçu l'hostie de ses mains. Il ne voit pas de problème à ce que le premier ministre protestant ait reçu la communion si cela était fait dans le respect du sacrement.
Droit canonique
« Stephen Harper n’est absolument pas en faute », affirme sans hésiter Mgr Jean Pelletier, chancelier du diocèse de Québec et spécialiste en droit canonique. Selon lui, c'est plutôt l'archevêque de Moncton qui, en allant vers les dignitaires au lieu de les laisser venir à lui, a malgré lui créé une situation embarrassante. Quant aux accusations contre Stephen Harper, Mgr Pelletier est d'avis « qu'on est allé un peu vite dans les insinuations ».
Protocole
Habituellement, lors de messes catholiques auxquelles participent des représentants du gouvernement, les clercs laissent les dignitaires s’avancer pour recevoir l’hostie consacrée. Cela leur laisse donc le choix de le faire ou non en toute discrétion. Le premier ministre canadien, un protestant, n’a pas eu le loisir de choisir le 3 juillet dernier.
À titre d'exemple, l'actuelle gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, bien que baptisée catholique, se dit ouvertement athée. Elle s'abstient donc de communier lors de messes catholiques, comme ce fut le cas par exemple à la messe de clôture du Congrès eucharistique international de Québec l'an dernier.
Le cas du gouverneur général du Canada soulève cependant des questions quant au symbole qu'il représente. Il est au Canada en tant que représentant civil de la royauté britannique. Or, ce rôle se limite à la sphère civile et politique. Ainsi, si Élizabeth II est également à la tête de l'Église anglicane, il n'en est pas de même au Canada puisque ce rôle appartient réellement au primat anglican du Canada, qui est élu par le Synode des évêques. C'est pourquoi les gouverneurs généraux du pays peuvent agir comme bon leur semble lors de cérémonies religieuses.
L'ancienne gouverneure générale, Adrienne Clarkson, était toutefois anglicane. Le clergé catholique s'est d'ailleurs permis de lui rappeler qu'elle ne devrait pas communier dans une messe catholique (ce qu'elle avait pris l'habitude de faire). Mme Clarkson a suivi le conseil et avait dès lors cessé cette pratique.
Dans le cas des funérailles de Roméo Leblanc, il aurait sans doute fallu mieux préparer le moment sensible de la communion. C'est normalement le rôle des conseillers du premier ministre de s'assurer que ce dernier évite de se mettre les pieds dans les plats. Mais avec les années qui passent et la difficulté croissantes à recruter des conseillers politiques ayant une large culture religieuse, les Canadiens peuvent s'attendre à être confrontés à ce genre de problème plus souvent qu'avant.
mardi 23 juin 2009
[Édito] Scandale de D&P : confusion et mauvais timing autour de la sortie du rapport
Revenant sur le scandale qui a ébranlé l'organisme catholique Développement et Paix cet hiver et sur l'enquête commandée par la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), son président, Mgr James Weisgerber a déclaré « qu'il n'y a pas de fondement à ces allégations ». Le président de la CECC faisait ainsi référence aux articles publiés sur le site Internet pro-vie lifesitenews.com qui accusaient Développement et Paix (D&P) de soutenir financièrement des organismes mexicains faisant la promotion de l'avortement, ce qui va à l'encontre de la doctrine catholique.
« La délégation [d'enquêteurs dépêchés par la CECC] n'a trouvé aucun fondement aux allégations [de lifesitesnews.com] », a indiqué Mgr Weisgerber. Il tient à rassurer les catholiques canadiens sur la qualité du travail effectué par D&P, l'organisme pour le développement et la paix de l'épiscopat canadien : « On peut assurer les gens qu'il n'y a pas d'argent qui a été dépensé pour promouvoir l'avortement, ni par D&P, ni par les cinq groupes [mexicains mis en cause par lifesitenews.com] », a assuré l'archevêque de Winnipeg.
Mgr Weisgerber a fait ces déclarations vendredi dernier à l'émission Zoom sur la chaîne télévisée catholique Salt & Light basée à Toronto. Cependant, de tels propos en ont surpris plus d'un.
Procédure habituelle
Jeudi dernier (18 juin), le Conseil permanent de la CECC recevait le rapport des enquêteurs dépêchés au Mexique. Dans l'après-midi, une rencontre a eu lieu entre le Bureau de direction de la CECC et celui de D&P. Cette rencontre servait surtout à parler de la démarche générale.
Jeudi dernier, on refusait d'accorder des entrevues au sujet de ce rapport. La raison était fort simple : le rapport des enquêteurs de la CECC doit d'abord être envoyé aux évêques canadiens, qui doivent en prendre connaissance. C'est la façon de procéder à la CECC. Par la suite, il peut être rendu public, notamment sur le site Internet de la conférence.
Cependant, les informations en provenance de la conférence épiscopale divergent : selon le président, il ne sera pas accessible au public et aux médias avant encore deux ou trois semaines. Du côté du service des communications, on parle plutôt de quelques jours, peut-être même d'ici la fin de la semaine. Seul le temps le dira.
Mais jeudi dernier, le mot d'ordre était simple et clair : aucun commentaire ne sera fait aux médias avant la publication du rapport.
La sortie de Mgr Weisgerber
Or, dès le lendemain, la chaîne câblée Salt & Light reçoit Mgr James Weisgerber. D'emblée, il dévoile l'essentiel du rapport. Il n'entre pas dans le fin détail des conclusions et des recommandations, mais le pavé est lancé et Développement et Paix est blanchi.
Mais que penser d'une conférence épiscopale dont même le président n'observe pas le mot d'ordre d'attendre que le rapport soit rendu public ? Était-ce volontaire de sa part ?
En tant que président, il peut certes faire comme bon lui semble. Mais si l'objectif d'attendre avant de commenter est d'éviter de mettre les catholiques canadiens mal à l'aise, c'est raté. Les gens déçus par la décision ont déjà commencé à faire connaître leur mécontentement à la CECC, tout particulièrement ceux qui sont en faveur du point de vue de lifesitenews.com. Quant aux gens de Développement et Paix, ils se réjouissent, mais ne savent pas encore vraiment pourquoi.
Les propos de Mgr Weisgerber vendredi dernier sont également survenus une journée où les bureaux de la CECC étaient fermés. Pourquoi ? Parce que les employés étaient en pique-nique. Donc pour demander des explications aux principaux intéressés, c'est loupé. Mauvais timing, voilà tout.
C'est le Pérou !
Dès lundi, lifesitenews.com répliquait sur son site en présentant de « nouvelles preuves » contre Développement et Paix. Mais cette fois, l'affaire sort largement des frontières canadiennes : même Radio-Vatican a repris une nouvelle largement diffusée sur le site de lifesitenews.com au sujet d'une lettre écrite par l'épiscopat péruvien à l'épiscopat canadien au sujet de l'avortement. L'affaire semble prendre de l'ampleur au lieu de se résorber. La stratégie de gestion de crise choisie par la CECC ne semble pas fonctionner. Au contraire, la conférence épiscopale canadienne pourrait désormais avoir à se justifier aux évêques péruviens.
Malgré tout, la CECC refuse encore de commenter et tient mordicus à attendre que tous les évêques aient pris connaissance du rapport. Il s'agit d'un choix respectable et tout à fait justifiable. Mais plus les jours passent, et plus les questions sont nombreuses et gênantes : comment la CECC en est-elle arrivée là ? Pourquoi un site comme lifesitenews.com a-t-il réussi à avoir autant de crédibilité aux yeux des évêques ? Pourquoi la rédaction de ce rapport a-t-elle été si longue ? Pourquoi avoir choisi de faire une enquête alors qu'on savait d'avance que ses conclusions seraient rejetées par ceux qui critiquent le travail de Développement et Paix ? Que doit-on penser après tout cela du leadership au sein de l'épiscopat canadien ?
Pendant que l'affaire enfle, les conclusions du rapport arriveront en plein été, pendant les vacances et les beaux jours. Les réponses de l'épiscopat canadien risquent de laisser bien des gens indifférents.
Mauvais timing ? C'est sans doute ça...
« La délégation [d'enquêteurs dépêchés par la CECC] n'a trouvé aucun fondement aux allégations [de lifesitesnews.com] », a indiqué Mgr Weisgerber. Il tient à rassurer les catholiques canadiens sur la qualité du travail effectué par D&P, l'organisme pour le développement et la paix de l'épiscopat canadien : « On peut assurer les gens qu'il n'y a pas d'argent qui a été dépensé pour promouvoir l'avortement, ni par D&P, ni par les cinq groupes [mexicains mis en cause par lifesitenews.com] », a assuré l'archevêque de Winnipeg.
Mgr Weisgerber a fait ces déclarations vendredi dernier à l'émission Zoom sur la chaîne télévisée catholique Salt & Light basée à Toronto. Cependant, de tels propos en ont surpris plus d'un.
Procédure habituelle
Jeudi dernier (18 juin), le Conseil permanent de la CECC recevait le rapport des enquêteurs dépêchés au Mexique. Dans l'après-midi, une rencontre a eu lieu entre le Bureau de direction de la CECC et celui de D&P. Cette rencontre servait surtout à parler de la démarche générale.
Jeudi dernier, on refusait d'accorder des entrevues au sujet de ce rapport. La raison était fort simple : le rapport des enquêteurs de la CECC doit d'abord être envoyé aux évêques canadiens, qui doivent en prendre connaissance. C'est la façon de procéder à la CECC. Par la suite, il peut être rendu public, notamment sur le site Internet de la conférence.
Cependant, les informations en provenance de la conférence épiscopale divergent : selon le président, il ne sera pas accessible au public et aux médias avant encore deux ou trois semaines. Du côté du service des communications, on parle plutôt de quelques jours, peut-être même d'ici la fin de la semaine. Seul le temps le dira.
Mais jeudi dernier, le mot d'ordre était simple et clair : aucun commentaire ne sera fait aux médias avant la publication du rapport.
La sortie de Mgr Weisgerber
Or, dès le lendemain, la chaîne câblée Salt & Light reçoit Mgr James Weisgerber. D'emblée, il dévoile l'essentiel du rapport. Il n'entre pas dans le fin détail des conclusions et des recommandations, mais le pavé est lancé et Développement et Paix est blanchi.
Mais que penser d'une conférence épiscopale dont même le président n'observe pas le mot d'ordre d'attendre que le rapport soit rendu public ? Était-ce volontaire de sa part ?
En tant que président, il peut certes faire comme bon lui semble. Mais si l'objectif d'attendre avant de commenter est d'éviter de mettre les catholiques canadiens mal à l'aise, c'est raté. Les gens déçus par la décision ont déjà commencé à faire connaître leur mécontentement à la CECC, tout particulièrement ceux qui sont en faveur du point de vue de lifesitenews.com. Quant aux gens de Développement et Paix, ils se réjouissent, mais ne savent pas encore vraiment pourquoi.
Les propos de Mgr Weisgerber vendredi dernier sont également survenus une journée où les bureaux de la CECC étaient fermés. Pourquoi ? Parce que les employés étaient en pique-nique. Donc pour demander des explications aux principaux intéressés, c'est loupé. Mauvais timing, voilà tout.
C'est le Pérou !
Dès lundi, lifesitenews.com répliquait sur son site en présentant de « nouvelles preuves » contre Développement et Paix. Mais cette fois, l'affaire sort largement des frontières canadiennes : même Radio-Vatican a repris une nouvelle largement diffusée sur le site de lifesitenews.com au sujet d'une lettre écrite par l'épiscopat péruvien à l'épiscopat canadien au sujet de l'avortement. L'affaire semble prendre de l'ampleur au lieu de se résorber. La stratégie de gestion de crise choisie par la CECC ne semble pas fonctionner. Au contraire, la conférence épiscopale canadienne pourrait désormais avoir à se justifier aux évêques péruviens.
Malgré tout, la CECC refuse encore de commenter et tient mordicus à attendre que tous les évêques aient pris connaissance du rapport. Il s'agit d'un choix respectable et tout à fait justifiable. Mais plus les jours passent, et plus les questions sont nombreuses et gênantes : comment la CECC en est-elle arrivée là ? Pourquoi un site comme lifesitenews.com a-t-il réussi à avoir autant de crédibilité aux yeux des évêques ? Pourquoi la rédaction de ce rapport a-t-elle été si longue ? Pourquoi avoir choisi de faire une enquête alors qu'on savait d'avance que ses conclusions seraient rejetées par ceux qui critiquent le travail de Développement et Paix ? Que doit-on penser après tout cela du leadership au sein de l'épiscopat canadien ?
Pendant que l'affaire enfle, les conclusions du rapport arriveront en plein été, pendant les vacances et les beaux jours. Les réponses de l'épiscopat canadien risquent de laisser bien des gens indifférents.
Mauvais timing ? C'est sans doute ça...
Libellés :
Canada,
CECC,
Développement et Paix,
éditorial,
LifeSiteNews,
Mexique,
Mgr James Weisgerber,
Pérou,
Radio-Vatican,
rapport
lundi 15 juin 2009
Église et Premières Nations : un autre pas conjoint
Un nouveau programme destiné à améliorer le sort des peuples des Premières Nations au Canada était lancé aujourd'hui à Vancouver. Baptisé Avançons ensemble, il vise à amasser 25 millions de dollars en cinq ans. L'argent servira à appuyer des programmes de guérison et d'éducation de la jeunesse. Encore une fois, deux importantes figures de l'amélioration des relations entre les Premières Nations et l'Église catholique au Canada se trouvent côte à côté dans cette initiative.
Le Chef national de l'Assemblée des Premières Nations (APN), Phil Fontaine (dont le mandat termine sous peu), et Mgr James Weisgerber, archevêque de Winnipeg et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) coprésident la campagne Avançons ensemble. Cette collaboration prend un tout autre sens lorsqu'on connaît l'histoire commune des Premières Nations et de l'Église catholique au Canada, depuis les origines du pays jusqu'à aujourd'hui. Cependant, elle est encore plus significative après l'année qui vient de s'écouler et au cours de laquelle tant d'étapes ont été franchies pour aller de l'avant.
Ce matin, Mgr James Weisgerber a évoqué le passé douloureux de plusieurs autochtones :
« Alors que nombre de personnes des communautés des Premières Nations, inuites et métisses ont trouvé l'espoir au sein de leur famille, le succès dans leur travail et l'épanouissement dans leur vie, d'autres continuent à vivre dans l'ombre d'un passé douloureux. [...] Les fonds recueillis dans le cadre de cette campagne permettront de les aider à guérir leurs blessures et à jouir des mêmes possibilités qui sont offertes aux autres membres de la société canadienne. »
Des communautés autochtones et des communautés catholiques, dont certaines ont même été impliquées dans le sombre épisode des « pensionnats indiens », travaillent conjointement dans le cadre de ce programme.
Le Chef national de l'Assemblée des Premières Nations (APN), Phil Fontaine (dont le mandat termine sous peu), et Mgr James Weisgerber, archevêque de Winnipeg et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) coprésident la campagne Avançons ensemble. Cette collaboration prend un tout autre sens lorsqu'on connaît l'histoire commune des Premières Nations et de l'Église catholique au Canada, depuis les origines du pays jusqu'à aujourd'hui. Cependant, elle est encore plus significative après l'année qui vient de s'écouler et au cours de laquelle tant d'étapes ont été franchies pour aller de l'avant.
Ce matin, Mgr James Weisgerber a évoqué le passé douloureux de plusieurs autochtones :
« Alors que nombre de personnes des communautés des Premières Nations, inuites et métisses ont trouvé l'espoir au sein de leur famille, le succès dans leur travail et l'épanouissement dans leur vie, d'autres continuent à vivre dans l'ombre d'un passé douloureux. [...] Les fonds recueillis dans le cadre de cette campagne permettront de les aider à guérir leurs blessures et à jouir des mêmes possibilités qui sont offertes aux autres membres de la société canadienne. »
Des communautés autochtones et des communautés catholiques, dont certaines ont même été impliquées dans le sombre épisode des « pensionnats indiens », travaillent conjointement dans le cadre de ce programme.
Libellés :
APN,
Avançons ensemble,
Canada,
CECC,
Mgr James Weisgerber,
pensionnats,
Phil Fontaine,
Vancouver,
Winnipeg
vendredi 1 mai 2009
Enquête sur Développement et Paix : « On n'a pas redécouvert l'Amérique ! »
Le rapport d'enquête sur les activités de Développement et Paix (D&P) au Mexique, l'organisme de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), n'est pas encore déposé. Mais il a toutes les chances d'être favorable à l'organisme. Il faudra attendre la fin du mois de mai ou le début du mois de juin pour le voir.
Pour vous remettre dans le contexte : Développement et Paix sous enquête
Le rapport sera écrit par Mgr Currie de Saint-Jean (T-N), Mgr François Lapierre de Saint-Hyacinthe et par Mgr Mario Paquette, secrétaire général de la CECC, des hommes compétents qui ont une connaissance approfondie de l'espagnol et du droit canonique. Ils ont fait le voyage ensemble au Mexique, où ils disent avoir été très bien reçus.
Un voyage utile ?
Pour l'instant, ils ne veulent pas en dire trop sur le contenu du rapport final, mais ils avouent tout de même ne pas avoir fait de découverte majeure... Une réalité parfaitement illustrée par Mgr François Lapierre qui a lancé sur le ton de la rigolade : « On n'a pas redécouvert l'Amérique ! »
Mais blague à part, cela veut essentiellement dire que le voyage au Mexique ne semble pas avoir permis de confirmer les accusations de lifesitenews.com au sujet du soutien à l'avortement. Valait-il la peine de le faire ? Les évêques ont-ils réagi bêtement en « semblant croire » lifesitenews.com ?
Dans les faits, la situation avait pris une telle ampleur dans les provinces anglophones du Canada que les évêques ont été contraints de réagir probablement pour les deux raisons suivantes : sauver la campagne annuelle de D&P et endiguer l'effet domino que cela aurait pu produire, notamment sur leur leadership.
Sauver la collecte annuelle
Chaque année, pendant le Carême, D&P organise une collecte annuelle. Or, suite aux allégations de soutenir des groupes pro-avortement au Mexique, certains diocèses ont réagi fortement. Par exemple, celui de Toronto a gelé l'acheminement de l'argent à l'organisme. Cette collecte annuelle, baptisée Carême de partage, accumule habituellement 10 millions de dollars à travers le Canada, une maigre somme pour l'ampleur de la mission de D&P. L'année 2009 obligera sans doute l'organisme a rationnaliser ses activités puisque la collecte a été nettement moins lucrative que d'habitude.
Endiguer
Le scandale suscité par lifesitenews.com s'est répandu rapidement chez les catholiques canadiens, Internet oblige. Les évêques canadiens devaient tôt ou tard être appelés à réagir, puisque D&P leur est intimement lié. En prenant somme toute assez rapidement les choses en main, ils ont mis fin aux spéculations. Des spéculations qui alimentaient des doutes quant à la qualité du travail de D&P et qui, en nuisant à cet organisme, éclaboussaient les évêques du Canada. Les évêques ont ainsi pu éviter de laisser traîner une situation inconfortable qui mettait non seulement la CECC dans l'embarras au pays, mais également à l'étranger.
Pour vous remettre dans le contexte : Développement et Paix sous enquête
Le rapport sera écrit par Mgr Currie de Saint-Jean (T-N), Mgr François Lapierre de Saint-Hyacinthe et par Mgr Mario Paquette, secrétaire général de la CECC, des hommes compétents qui ont une connaissance approfondie de l'espagnol et du droit canonique. Ils ont fait le voyage ensemble au Mexique, où ils disent avoir été très bien reçus.
Un voyage utile ?
Pour l'instant, ils ne veulent pas en dire trop sur le contenu du rapport final, mais ils avouent tout de même ne pas avoir fait de découverte majeure... Une réalité parfaitement illustrée par Mgr François Lapierre qui a lancé sur le ton de la rigolade : « On n'a pas redécouvert l'Amérique ! »
Mais blague à part, cela veut essentiellement dire que le voyage au Mexique ne semble pas avoir permis de confirmer les accusations de lifesitenews.com au sujet du soutien à l'avortement. Valait-il la peine de le faire ? Les évêques ont-ils réagi bêtement en « semblant croire » lifesitenews.com ?
Dans les faits, la situation avait pris une telle ampleur dans les provinces anglophones du Canada que les évêques ont été contraints de réagir probablement pour les deux raisons suivantes : sauver la campagne annuelle de D&P et endiguer l'effet domino que cela aurait pu produire, notamment sur leur leadership.
Sauver la collecte annuelle
Chaque année, pendant le Carême, D&P organise une collecte annuelle. Or, suite aux allégations de soutenir des groupes pro-avortement au Mexique, certains diocèses ont réagi fortement. Par exemple, celui de Toronto a gelé l'acheminement de l'argent à l'organisme. Cette collecte annuelle, baptisée Carême de partage, accumule habituellement 10 millions de dollars à travers le Canada, une maigre somme pour l'ampleur de la mission de D&P. L'année 2009 obligera sans doute l'organisme a rationnaliser ses activités puisque la collecte a été nettement moins lucrative que d'habitude.
Endiguer
Le scandale suscité par lifesitenews.com s'est répandu rapidement chez les catholiques canadiens, Internet oblige. Les évêques canadiens devaient tôt ou tard être appelés à réagir, puisque D&P leur est intimement lié. En prenant somme toute assez rapidement les choses en main, ils ont mis fin aux spéculations. Des spéculations qui alimentaient des doutes quant à la qualité du travail de D&P et qui, en nuisant à cet organisme, éclaboussaient les évêques du Canada. Les évêques ont ainsi pu éviter de laisser traîner une situation inconfortable qui mettait non seulement la CECC dans l'embarras au pays, mais également à l'étranger.
mardi 28 avril 2009
Le pape Benoît XVI rencontre une délégation autochtone mercredi
Le pape Benoît XVI rencontre une délégation de représentants autochtones du Canada mercredi, dont le chef national de l'Assemblée des Premières nations, Phil Fontaine. Le Chef national assistera à cette rencontre en compagnie d’une délégation qui comprendra les aînés des Premières Nations et des survivants des pensionnats indiens. La Conférence des évêques catholiques du Canada sera représentée par une délégation de congrégations missionnaires qui ont été présentes dans les pensionnats indiens et par l’archevêque Weisgerber, président de la Conférence des évêques catholiques du Canada.
Alors que certains, dont Phil Fontaine, aimeraient avoir des excuses "officielles" du pape sur la question des pensionnats autochtones, tous demeurent conscients que les problèmes actuels des autochtones du Canada ne seront pas résolus avec de telles excuses et que malgré tout, les relations entre l'Église catholique et les autochtones sont meilleures qu'on le dit.
En septembre 2008, Phil Fontaine prenait la parole lors de l'assemblée plénière annuelle de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC). C'était la première fois qu'un chef autochtone était ainsi invité par les évêques à s'adresser à eux dans un tel contexte. De l'aveu même de plusieurs évêques qui étaient présents sur place, cela fut un moment fort de leur rencontre. Faisant référence aux abus passés dont ont été victimes plusieurs autochtones canadiens, notamment ceux impliqués dans les sordides histoires des pensionnats, le chef Phil Fontaine a appelé tout le monde à se tourner vers l'avant : "Il est inutile de centrer notre regard sur ce qui a fait défaut dans le passé; nous devons plutôt bâtir à partir de ce qui a bien fonctionné".
Cette invitation faisait suite à une rencontre qui s'était tenue au tout début de l'année 2008. Par voie de communiqué, le chef Phil Fontaine avait alors fait la déclaration suivante à la fin du mois de janvier :
"Pour nous (les Premières Nations), les organisations catholiques sont des alliées dans le cadre du difficile processus de guérison que traversent les survivants des pensionnats indiens et leurs familles. Nous souhaitons continuer de collaborer, à l'échelle communautaire locale, avec les membres des organisations catholiques. La coopération étroite de tous les intervenants est indispensable au succès de la mise en oeuvre de la Commission de vérité et de réconciliation relative aux pensionnats indiens."
Des relations nouvelles
Depuis plusieurs décennies, les relations ont profondément changé entre les peuples autochtones du Canada et l'Église catholique. Cela est dû en grande partie au pape Jean-Paul II. Ce dernier a d'abord rencontré des représentants autochtones à Rome, en 1980, pour la béatification de la première amérindienne d'Amérique du Nord, Kateri Tekakwitha. Par la suite, en prévision de son voyage au Canada en 1984, Jean-Paul II a insisté pour rencontré les autochtones, ce qui sera finalement fait trois fois au cours de son périple. Ainsi, le 18 septembre 1984, il leur adressait la parole dans un message radiophonique.
Dans ce message, il reconnait les fautes de certains missionnaires. Mais il met surtout l'accent sur les droits des autochtones : "Pour vous, une base territoriale dotée de ressources suffisantes est également nécessaire, afin de développer une économie viable pour les générations présentes et futures. Vous devez également être en mesure de mettre en valeur vos terres et votre potentiel économique, d'éduquer vos enfants et de planifier votre avenir".
Le voyage oublié
Beaucoup de Canadiens l'oublient, mais le pape Jean-Paul II est revenu au Canada en septembre 1987 afin de rencontrer à nouveau les chefs et les peuples autochtones à Fort Simpson. Des dires mêmes de son secrétaire personnel, il accordait beaucoup d'importance aux liens avec ces peuples. D'ailleurs, le chef Phil Fontaine faisait mention à la fois du message radiophonique et de ce voyage consacré aux autochtones dans son message de sympathies adressé aux catholiques lors du décès du pape en 2005.
Légalité, responsabilité, excuses
Au Canada, 16 des 70 diocèses ont été impliqués dans ce sombre épisode de l'histoire canadienne qu'est celui des pensionnats autochtones. Légalement, ces diocèses sont individuellement responsables des cas d'abus qui sont survenus. La Conférence des évêques catholiques du Canada et l'Église catholique romaine - et le pape - ne peuvent pas être tenus pour responsables. Autrement dit, ce sont les diocèses et les communautés religieuses impliqués qui doivent avant tout prendre les devants dans le processus de réconciliation. Plusieurs d'entre eux ont choisi de le faire dès le début des années 90 et ont été appuyés dans leurs démarches par la CECC.
Donc, des excuses venant d'autorités ecclésiales autres que celles directement impliquées seraient avant tout symboliques et exprimeraient ainsi une certaine forme de solidarité, mais sans plus.
L'Église, le Canada et le phénomène Ponce Pilate
L'Église catholique gérait 75% des pensionnats autochtones où plusieurs membres des Premières Nations ont été assimilés de force ou humiliés. Les autres Églises qui étaient impliquées se sont toutes excusées officiellement, sauf l'Église catholique. Une situation qui gène l'Assemblée des Premières Nations mais qui ne l'a pas empêché de développer des liens de qualité avec la papauté et l'Église catholique canadienne.
La semaine dernière, plusieurs médias du Québec laissaient transparaître leur mépris de cette situation (le manque d'excuses) mais ignoraient du même coup le reste du portrait illustré très succintement ci-haut.
Le grand gagnant de cette affaire semble pour l'instant être le gouvernement canadien. Ce dernier a pendant de longues années demandé aux communautés religieuses de s'occuper de ces pensionnats, tout en appliquant une loi dont même le nom encore actuel - Loi sur les Indiens (ce qui est quand même moins grave que deux autres noms qu'elle a déjà eu : Loi sur les sauvages (1876) et Acte relatif aux sauvages (1880))- laisse transpaître tout le mépris latent que la classe politique canadienne a encore envers les peuples autochtones. Alors que la population canadienne est généralement prompte à dénoncer les abus de l'Église catholique, elle l'est moins avec le traitement du gouvernement fédéral envers les autochtones. Pendant ce temps, le gouvernement semble se désengager au maximum, ne sachant comment concilier aide et respect de l'autodétermination autochtone. Une situation dont il s'accommode bien en se lavant les mains.
Des peuples à la croisée des chemins
Alcool, drogue, suicide, décrochage scolaire, violence, faible espérance de vie, faible taux de scolarité : ce ne sont pas les défis qui manquent sur plusieurs réserves autochtones du Canada. Des situations qui ont tout du cercle vicieux entretenu par la pauvreté. Des défis hautement plus importants que les excuses "officielles" souhaitées par plusieurs autochtones.
Par contre, excuses ou non, la situation sera toujours la même sur les réserves si ces peuples ne se prennent pas en main. Si de telles excuses sont une nécessité pour les aider à se prendre en main, alors que l'Église s'excuse. Mais l'Église à déjà fait son choix : travailler main dans la main avec les autochtones, soutenir leurs révendications et les aider de manière concrète, à travers un travail de terrain, à développer un avenir moins sombre pour la jeunesse autochtone. Une tâche où elle excelle nettement plus que le gouvernement canadien par les temps qui courent...
Alors que certains, dont Phil Fontaine, aimeraient avoir des excuses "officielles" du pape sur la question des pensionnats autochtones, tous demeurent conscients que les problèmes actuels des autochtones du Canada ne seront pas résolus avec de telles excuses et que malgré tout, les relations entre l'Église catholique et les autochtones sont meilleures qu'on le dit.
En septembre 2008, Phil Fontaine prenait la parole lors de l'assemblée plénière annuelle de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC). C'était la première fois qu'un chef autochtone était ainsi invité par les évêques à s'adresser à eux dans un tel contexte. De l'aveu même de plusieurs évêques qui étaient présents sur place, cela fut un moment fort de leur rencontre. Faisant référence aux abus passés dont ont été victimes plusieurs autochtones canadiens, notamment ceux impliqués dans les sordides histoires des pensionnats, le chef Phil Fontaine a appelé tout le monde à se tourner vers l'avant : "Il est inutile de centrer notre regard sur ce qui a fait défaut dans le passé; nous devons plutôt bâtir à partir de ce qui a bien fonctionné".
Cette invitation faisait suite à une rencontre qui s'était tenue au tout début de l'année 2008. Par voie de communiqué, le chef Phil Fontaine avait alors fait la déclaration suivante à la fin du mois de janvier :
"Pour nous (les Premières Nations), les organisations catholiques sont des alliées dans le cadre du difficile processus de guérison que traversent les survivants des pensionnats indiens et leurs familles. Nous souhaitons continuer de collaborer, à l'échelle communautaire locale, avec les membres des organisations catholiques. La coopération étroite de tous les intervenants est indispensable au succès de la mise en oeuvre de la Commission de vérité et de réconciliation relative aux pensionnats indiens."
Des relations nouvelles
Depuis plusieurs décennies, les relations ont profondément changé entre les peuples autochtones du Canada et l'Église catholique. Cela est dû en grande partie au pape Jean-Paul II. Ce dernier a d'abord rencontré des représentants autochtones à Rome, en 1980, pour la béatification de la première amérindienne d'Amérique du Nord, Kateri Tekakwitha. Par la suite, en prévision de son voyage au Canada en 1984, Jean-Paul II a insisté pour rencontré les autochtones, ce qui sera finalement fait trois fois au cours de son périple. Ainsi, le 18 septembre 1984, il leur adressait la parole dans un message radiophonique.
Dans ce message, il reconnait les fautes de certains missionnaires. Mais il met surtout l'accent sur les droits des autochtones : "Pour vous, une base territoriale dotée de ressources suffisantes est également nécessaire, afin de développer une économie viable pour les générations présentes et futures. Vous devez également être en mesure de mettre en valeur vos terres et votre potentiel économique, d'éduquer vos enfants et de planifier votre avenir".
Le voyage oublié
Beaucoup de Canadiens l'oublient, mais le pape Jean-Paul II est revenu au Canada en septembre 1987 afin de rencontrer à nouveau les chefs et les peuples autochtones à Fort Simpson. Des dires mêmes de son secrétaire personnel, il accordait beaucoup d'importance aux liens avec ces peuples. D'ailleurs, le chef Phil Fontaine faisait mention à la fois du message radiophonique et de ce voyage consacré aux autochtones dans son message de sympathies adressé aux catholiques lors du décès du pape en 2005.
Légalité, responsabilité, excuses
Au Canada, 16 des 70 diocèses ont été impliqués dans ce sombre épisode de l'histoire canadienne qu'est celui des pensionnats autochtones. Légalement, ces diocèses sont individuellement responsables des cas d'abus qui sont survenus. La Conférence des évêques catholiques du Canada et l'Église catholique romaine - et le pape - ne peuvent pas être tenus pour responsables. Autrement dit, ce sont les diocèses et les communautés religieuses impliqués qui doivent avant tout prendre les devants dans le processus de réconciliation. Plusieurs d'entre eux ont choisi de le faire dès le début des années 90 et ont été appuyés dans leurs démarches par la CECC.
Donc, des excuses venant d'autorités ecclésiales autres que celles directement impliquées seraient avant tout symboliques et exprimeraient ainsi une certaine forme de solidarité, mais sans plus.
L'Église, le Canada et le phénomène Ponce Pilate
L'Église catholique gérait 75% des pensionnats autochtones où plusieurs membres des Premières Nations ont été assimilés de force ou humiliés. Les autres Églises qui étaient impliquées se sont toutes excusées officiellement, sauf l'Église catholique. Une situation qui gène l'Assemblée des Premières Nations mais qui ne l'a pas empêché de développer des liens de qualité avec la papauté et l'Église catholique canadienne.
La semaine dernière, plusieurs médias du Québec laissaient transparaître leur mépris de cette situation (le manque d'excuses) mais ignoraient du même coup le reste du portrait illustré très succintement ci-haut.
Le grand gagnant de cette affaire semble pour l'instant être le gouvernement canadien. Ce dernier a pendant de longues années demandé aux communautés religieuses de s'occuper de ces pensionnats, tout en appliquant une loi dont même le nom encore actuel - Loi sur les Indiens (ce qui est quand même moins grave que deux autres noms qu'elle a déjà eu : Loi sur les sauvages (1876) et Acte relatif aux sauvages (1880))- laisse transpaître tout le mépris latent que la classe politique canadienne a encore envers les peuples autochtones. Alors que la population canadienne est généralement prompte à dénoncer les abus de l'Église catholique, elle l'est moins avec le traitement du gouvernement fédéral envers les autochtones. Pendant ce temps, le gouvernement semble se désengager au maximum, ne sachant comment concilier aide et respect de l'autodétermination autochtone. Une situation dont il s'accommode bien en se lavant les mains.
Des peuples à la croisée des chemins
Alcool, drogue, suicide, décrochage scolaire, violence, faible espérance de vie, faible taux de scolarité : ce ne sont pas les défis qui manquent sur plusieurs réserves autochtones du Canada. Des situations qui ont tout du cercle vicieux entretenu par la pauvreté. Des défis hautement plus importants que les excuses "officielles" souhaitées par plusieurs autochtones.
Par contre, excuses ou non, la situation sera toujours la même sur les réserves si ces peuples ne se prennent pas en main. Si de telles excuses sont une nécessité pour les aider à se prendre en main, alors que l'Église s'excuse. Mais l'Église à déjà fait son choix : travailler main dans la main avec les autochtones, soutenir leurs révendications et les aider de manière concrète, à travers un travail de terrain, à développer un avenir moins sombre pour la jeunesse autochtone. Une tâche où elle excelle nettement plus que le gouvernement canadien par les temps qui courent...
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mercredi 15 avril 2009
Développement et Paix sous enquête
L'organisme Développement et Paix fait présentement l'objet d'une enquête de la part de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC). Cela fait suite à des dénonciations publiques faites d'abord par le site Internet LifeSiteNews.com, et reprises par The Catholic Register, un journal qui appartient à l'archidiocèse de Toronto. Selon ces sources, Développement et Paix achemirerait de l'argent à des organisations qui font la promotion de l'avortement, notamment au Mexique où cinq groupes auraient été identifiés.
Au moment où ces allégations ont été publiées en mars, Développement et Paix a immédiatement répondu en réfutant ces allégations sur un ton sans équivoque. Mais devant l'ampleur que prenait l'affaire, l'organisme s'est senti pressé d'offrir de plus amples détails pour rassurer les catholiques canadiens.
La CECC a donc dépêché au Mexique deux évêques, Mgr Martin W. Currie, archevêque de St. John’s, à Terre-Neuve, et Mgr François Lapierre, P.M.É., évêque de Saint-Hyacinthe, au Québec. Du 15 au 18 avril, ils devront vérifier si Développement et Paix finance effectivement des organisations qui promeuvent l'avortement. Ils devront notamment vérifier si les allégations suites aux enquêtes "journalistiques" menées par LifeSiteNews se basent sur des faits vérifiés et contre-vérifiés ou si elles sont, comme l'affirme Développement et Paix, le fruit d'un travail bâclé, voire biaisé.
L'affaire a fait réagir passablement de catholiques dans les provinces anglophones du Canada, mais fait peu de vagues au Québec pour l'instant.
Une enquête sur un fil de fer
L'enquête débute à peine, et déjà elle est mise en doute. Premièrement, certains auraient souhaité voir des enquêteurs neutres se rendre au Mexique. Au moindre faux pas, la crédibilité de la démarche sera remise en question par les mêmes groupes pro-vie qui ont alimenté cette affaire. Deuxièmement, le degré de préparation des évêques sélectionnés est-il adéquat pour la tâche d'observation sur le terrain ? Mgr Lapierre, par exemple, se sentira rapidement à l'aise, lui qui parle bien espagnol. Mais après les nombreuses obligations du triduum pascal et les funérailles de son évêque émérite, Mgr Albert Sanschagrin, célébrées la veille de son départ, a-t-il eu suffisamment de temps pour approfondir le sujet, pour bien prendre connaissance des enjeux et des forces en présence ? On le lui souhaite.
Développement et Paix en furie
Quant à l'organisme Développement et Paix, il est en furie : il réfute catégoriquement ces allégations. Il sait de toute manière qu'il peut dire adieu à une bonne partie de son financement si jamais on prouve qu'il a financé, volontairement ou non, des groupes faisant la promotion de l'avortement. Plusieurs catholiques, surtout anglophones - et les Chevaliers de Colomb en tête - ne leur pardonneraient pas et se sentiraient trompés.
De plus, plusieurs dirigeants de Développement et Paix se demandent s'il n'y aurait pas anguille sous roche puisque ces allégations coïncidaient avec le Carême, l'occasion pour Développement et Paix de procéder à sa campagne annuelle Carême de partage qui permet de récolter annuellement environ 10 millions de dollars à travers le pays.
L'affaire est à suivre.
Au moment où ces allégations ont été publiées en mars, Développement et Paix a immédiatement répondu en réfutant ces allégations sur un ton sans équivoque. Mais devant l'ampleur que prenait l'affaire, l'organisme s'est senti pressé d'offrir de plus amples détails pour rassurer les catholiques canadiens.
La CECC a donc dépêché au Mexique deux évêques, Mgr Martin W. Currie, archevêque de St. John’s, à Terre-Neuve, et Mgr François Lapierre, P.M.É., évêque de Saint-Hyacinthe, au Québec. Du 15 au 18 avril, ils devront vérifier si Développement et Paix finance effectivement des organisations qui promeuvent l'avortement. Ils devront notamment vérifier si les allégations suites aux enquêtes "journalistiques" menées par LifeSiteNews se basent sur des faits vérifiés et contre-vérifiés ou si elles sont, comme l'affirme Développement et Paix, le fruit d'un travail bâclé, voire biaisé.
L'affaire a fait réagir passablement de catholiques dans les provinces anglophones du Canada, mais fait peu de vagues au Québec pour l'instant.
Une enquête sur un fil de fer
L'enquête débute à peine, et déjà elle est mise en doute. Premièrement, certains auraient souhaité voir des enquêteurs neutres se rendre au Mexique. Au moindre faux pas, la crédibilité de la démarche sera remise en question par les mêmes groupes pro-vie qui ont alimenté cette affaire. Deuxièmement, le degré de préparation des évêques sélectionnés est-il adéquat pour la tâche d'observation sur le terrain ? Mgr Lapierre, par exemple, se sentira rapidement à l'aise, lui qui parle bien espagnol. Mais après les nombreuses obligations du triduum pascal et les funérailles de son évêque émérite, Mgr Albert Sanschagrin, célébrées la veille de son départ, a-t-il eu suffisamment de temps pour approfondir le sujet, pour bien prendre connaissance des enjeux et des forces en présence ? On le lui souhaite.
Développement et Paix en furie
Quant à l'organisme Développement et Paix, il est en furie : il réfute catégoriquement ces allégations. Il sait de toute manière qu'il peut dire adieu à une bonne partie de son financement si jamais on prouve qu'il a financé, volontairement ou non, des groupes faisant la promotion de l'avortement. Plusieurs catholiques, surtout anglophones - et les Chevaliers de Colomb en tête - ne leur pardonneraient pas et se sentiraient trompés.
De plus, plusieurs dirigeants de Développement et Paix se demandent s'il n'y aurait pas anguille sous roche puisque ces allégations coïncidaient avec le Carême, l'occasion pour Développement et Paix de procéder à sa campagne annuelle Carême de partage qui permet de récolter annuellement environ 10 millions de dollars à travers le pays.
L'affaire est à suivre.
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