Affichage des articles dont le libellé est Rome. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Rome. Afficher tous les articles

lundi 19 octobre 2009

Canonisation du frère André : il ne reste qu'une étape

La canonisation du frère André vient de franchir une étape clef. La Commission théologique de la Congrégation pour la cause des saints au Vatican vient de confirmer un deuxième miracle attribué au religieux de la Congrégation de Sainte-Croix. Il ne reste maintenant qu'une seule étape décisive avant de pouvoir dire « saint frère
André »
.

Cette nouvelle a été transmise par le vice-postulateur de la cause de canonisation du frère André, père Mario Lachapelle, c.s.c., en poste à Rome, le 17 octobre 2009.
« Selon l’opinion des théologiens, la guérison étudiée et déclarée scientifiquement inexplicable par une commission médicale en février 2009 est attribuée hors de tout doute possible à l’intercession de frère André. Il s’agit là d’une autre étape essentielle dans sa cause de canonisation », a précisé le père Lachapelle.

Dernière étape
La cause peut maintenant recevoir l’attention de la Congrégation ordinaire des cardinaux et des évêques composée de 15 membres, soit la dernière instance chargée d’étudier le cas.

Le mandat de ces derniers est de juger, entre autres, la pertinence d’étendre la dévotion à frère André à l’Église universelle. Après les recommandations des deux commissions (médicale et théologique) et l’avis de la congrégation de cardinaux et d’évêques, le pape Benoît XVI décidera des suites à donner à la cause de canonisation du fondateur de l'oratoire Saint-Joseph à Montréal.

L'universalité de l'homme
Il serait étonnant que Rome ne reconnaisse pas le caractère universel de l'homme. L'oratoire Saint-Joseph demeure l'un des plus grands centres de dévotion au père de Jésus dans le monde. Chaque année, des pèlerins du monde entier le visite. La figure humble du frère André transcende les cultures.

Par ailleurs, la canonisation du frère André revêtirait un caractère symbolique particulièrement fort pour l'ensemble de l'Église catholique qui peine à redéfinir son rôle dans un Occident de plus en plus sécularisé.

Cela permettrait au pays d'avoir son premier saint masculin né au Canada, un pays qui compte finalement peu de saints. Du côté masculin, il y a eu les saints Martyrs canadiens. Du côté féminin, il y a sainte Marguerite d'Youville et sainte Marguerite Bourgeoys.

jeudi 3 septembre 2009

ECR : le jugement de Drummondville et la déchirure catholique

Le récent jugement défavorable aux parents dans le procès de Drummondville au sujet du caractère obligatoire du cours d'éthique et de culture religieuse fait mal. En plus de la défaite et du fait que le juge Jean-Guy Dubois n'estime pas que ce cours cause un préjudice grave aux parents, une douloureuse réalité accompagne le jugement rendu en Cour supérieure : le différent, loin d'opposer exclusivement l'État aux parents, est caractéristique d'une déchirure interne dans le catholicisme québécois.

Des positions pour et contre le cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) se retrouvent au sein du catholicisme québécois. Des positions respectives qui suscitent de grandes suspicions et qui alimentent une crise de légitimité des autorités catholiques, créant de ce fait même, avec une particularité toute québécoise, une situation semblable à celles qui s'observent ailleurs dans le monde sur la question de l'intégrisme.

Évêques et théologien
Plusieurs parents n'ont toujours pas digéré la décision de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ) de donner son aval au nouveau cours. À leurs yeux, il s'agit d'un acte de haute trahison. Plusieurs ne cachent pas leur dégoût d'un épiscopat québécois qu'ils considèrent comme faible, mou et déphasée de Rome.

En soi, la situation est ironique : en partant du principe qu'un bon catholique doit reconnaître la canonicité des positions romaines, on s'en prend à l'épiscopat, la quintessence de la représentation hiérarchique dans l'Église. Une manière de court-circuiter l'AECQ et de nier en quelque sorte la légitimité de l'épiscopat québécois et de sa prise de parole.

Ensuite, il est remarquable de voir avec quelle hargne le professeur Gilles Routhier, un prêtre théologien qui enseigne à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval, a été pris à partie suite à son intervention en tant que témoin expert lors du procès de Drummondville. Le professeur Routhier est longuement cité dans le jugement de Jean-Guy Dubois, qui a vu en lui un expert neutre qui « fait une présentation globale des enseignements de l'Église catholique et de la position de ses dirigeants démontrant que l'enseignement des autres religions ne brime pas la liberté de conscience de qui que ce soit ».

Tant pour les évêques que pour le professeur Routhier, leurs propos qui vont à l'encontre de ce que plusieurs parents opposés au cours aimeraient entendre provoquent un rejet en bloc de ces positions, un rejet qui va même, dans le cas du professeur Routhier, à une remise en cause de son appartenance catholique (!).

Crise au sein du catholicisme québécois
Les divisions que provoquent le cours d'éthique et de culture religieuse exacerbent davantage chez plusieurs parents catholiques le sentiment d'être ostracisés dans la société québécoise. La frustration qui en découle s'est cristallisée, suite à la décision du juge Dubois, autour de la question de la « catholicité » du jugement. La Coalition pour la liberté en éducation, principalement constituée de parents catholiques, a immédiatement jugé que « ce jugement est basé sur une interprétation de la religion catholique alors que nous réclamons le respect des droits de tous les citoyens, croyants comme athées ».

Cette déclaration de la CLE rappelle le discours, habile, qu'elle tient depuis le début de sa contestation. Elle sait en effet que d'avoir joué la carte catholique lui aurait probablement nui davantage qu'aidé auprès d'un vaste public. D'où le sentiment encore plus fort de frustration face à un jugement défavorable justifié par... des instances catholiques. La stratégie n'a pas fonctionné.

Entre un catholicisme qui n'existe plus et un catholicisme à venir encore en définition, l'enfantement est douloureux.

Le reflet de la planète catho
Face à ces questions, plusieurs Québécois ne comprennent pas leur Église. Il y a, d'une part, ceux qui disqualifient l'AECQ et tout point de vue catholique favorable au nouveau cours et qui provoquent une crise de légitimité de la prise de parole publique de l'épiscopat québécois, et, d'autre part, ceux qui disqualifient l'Église catholique dans son ensemble en jugeant sa vision du monde trop rétrograde.

Bref, au Québec par les temps qui courent, l'Église est à la fois trop molle et trop sévère.

Mais une telle situation n'est que le reflet d'une réalité plus vaste qui englobe depuis plusieurs mois déjà l'ensemble du catholicisme mondial. Elle s'inscrit dans le débat provoqué par la levée des excommunications de certains évêques de la Fraternité Saint-Pie-X par Rome au tournant de l'année. La vitalité de plusieurs groupes qualifiés d'intégristes étonne au fur et à mesure qu'ils osent élever la voix, tant en Amérique qu'en Europe. La planète catho prend conscience que l'héritage du Concile Vatican II est loin d'être une chose acquise, et que cet héritage est également soumis à une panoplie de lectures... dont celle de disqualifier, à tort ou à raison, la prise de parole d'instances catholiques bien en vue, au nom, ironiquement, du catholicisme.

mercredi 6 mai 2009

Rumeur autour du cardinal Ouellet : invitation à lire entre les lignes


Une rumeur envoyant le cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec, à Rome pour occuper un poste important a circulé une bonne partie de la journée. Elle a finalement été démentie par le cardinal lui-même pendant la rencontre annuelle du clergé diocésain qui avait lieu aujourd'hui au couvent des Soeurs de la Charité de Québec.

De telles rumeurs ont souvent circulé depuis l'arrivée du cardinal Marc Ouellet à Québec. Le simple fait qu'il soit l'un des évêques les plus romains de la province suffit à les alimenter. La directrice des communications du diocèse a passé sa journée à répéter aux représentants des médias que tout le monde « pouvait ranger le champagne, ou les mouchoirs », selon leur appréciation du cardinal Ouellet.

Certains ont parlé de « signes » qui auraient pu laisser croire que Marc Ouellet serait nommé prochainement à Rome à un poste prestigieux. Le cardinal occupe déjà plusieurs fonctions dans les organes romains, ce qui s'accompagne de responsabilités qui l'amènent à voyager beaucoup. Il y a près d'un an, son diocèse recevait le Congrès eucharistique international. En octobre dernier, il était le rapporteur général des évêques au synode sur la Parole de Dieu qui se tenait à Rome. Certains ont cru voir dans l'addition de ces signes le gage d'une nomination qui l'aurait rapproché de Benoît XVI, un homme avec qui il s'entend à merveille.

Dans les faits, une nomination aurait été étonnante. Le diocèse vient tout juste de recevoir deux nouveaux évêques auxiliaires et le cardinal a beaucoup de projets en tête, dont la restructuration des services diocésains et une meilleure visibilité communicationnelle pour l'Église à Québec. Rome ne peut ignorer cela. C'est d'ailleurs en partie pour mettre en branle de telles actions qu'on l'a nommé à Québec.

Lire entre les lignes
Donc, d'où vient réellement cette rumeur qui s'est retrouvée aujourd'hui dans le quotidien Le Soleil ? Même les proches du cardinal ne savaient le dire aujourd'hui. Ce que l'on sait par contre, c'est que Le Soleil a deux journalistes qui se démarquent lorsque vient le temps de parler de religion : Yves Therrien et Claude Vaillancourt. Il semblerait qu'il ne soit pas facile pour eux, surtout pour Therrien (qui possède une maîtrise en théologie) de convaincre ses patrons de la pertinence de couvrir certains sujets religieux. Ce fut notamment le cas lors du Congrès eucharistique international l'été dernier. Pourtant, les articles de Therrien ont été fort appréciés grâce à sa capacité de comprendre les enjeux d'une telle rencontre d'Église.

Aujourd'hui, quel était l'enjeu ? La rencontre annuelle du clergé diocésain. Les médias en auraient-ils parlé autrement ? Probablement pas, malgré l'impact qu'elle pourrait avoir sur l'Église de Québec. Cette rencontre devait aborder la question de la restructuration des services diocésains. Elle devait également permettre au cardinal Ouellet de confier aux deux nouveaux évêques auxiliaires, Gérald Cyprien Lacroix et Paul Lortie, leur mission respective. Bref, une rencontre d'importance pour l'avenir de l'organisation de l'Église à Québec, et une rencontre qui influencera également le message pastoral qui émanera à désormais du diocèse.

En utilisant l'angle de la rumeur du départ du cardinal pour en parler, les patrons de presse y trouvaient leur compte : c'est « vendeur ». Quant aux journalistes, ils pouvaient alors en profiter pour parler des véritables enjeux de la rencontre. Était-ce volontaire de leur part ? Difficile à dire. Mais disons que les catholiques, désormais habitués à lire entre les lignes, sauront départager l'information de la sensation.