L’épineux cours d’éthique et de culture religieuse (ECR) sera au menu de la rencontre plénière de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ) qui se tiendra du 21 au 24 septembre à la Maison de la Madone, au Cap-de-la-Madeleine à Trois-Rivières.
Il s’agit de l’une des deux rencontres plénières annuelles de l’épiscopat québécois. Cette rencontre automnale est habituellement le moment où les différents comités de l’AECQ remettent leurs rapports.
Mais cette année, c’est avant tout le cours d’éthique et de culture religieuse qui pourrait retenir l’attention. Rien n’est encore déterminé, mais selon le service des communications de l’AECQ, tout porte à croire que les évêques en parleront lors de la conférence de presse prévue le 23 septembre.
L'envers de la médaille
Échaudés il y a un an par le dur traitement réservé dans les médias au cardinal Jean-Claude Turcotte suite à la décision de remettre sa médaille de l’Ordre du Canada pour contester l’attribution de cet honneur du docteur Henry Morgentaler, les évêques du Québec réalisent sans doute le sort qui les attend s’ils s’aventurent trop loin sur le cours ECR lors de leur conférence de presse cet automne.
Rappelons que la position des évêques québécois laisse sceptiques plusieurs parents qui s’opposent désormais de longue date à l’obligation de suivre ce cours. Et après le revers juridique des parents au procès de Drummondville au début du mois de septembre, la tension a remontée d’un cran.
Une position délicate
L’AECQ n’a jamais condamné le cours ECR. En mars 2008, elle promettait, non pas d’adopter, mais de « maintenir » une attitude « critique et vigilante » dans ce dossier. Essentiellement, l’épiscopat québécois voulait accorder au gouvernement le temps de prouver les bienfaits de ce programme.
En avril 2009, en réponse aux Chevaliers de Colomb du Québec qui venaient de prendre position contre le caractère obligatoire du cours ECR, Mgr Martin Veillette, président de l’AECQ, leur répondait dans une lettre (28 avril 2009) que « les objectifs du cours d'Éthique et de culture religieuse méritent d'être considérés à leur juste valeur. En eux-mêmes ils ne justifient pas, à nos yeux, qu'on demande l'exemption du cours pour des enfants ».
Mais contrairement à la question de l’avortement avec le docteur Henry Morgentaler, la plus grande opposition pourrait venir des catholiques eux-mêmes. Plusieurs catholiques québécois jugent en effet que l’AECQ manque de leadership, voire qu’elle peine à mettre en application la volonté de Rome en ce qui concerne l'éducation religieuse à l'école. En revanche, d'autres approuvent cette décision épiscopale car selon eux l'enjeu réel réside beaucoup plus dans la capacité de l'Église du Québec à organiser efficacement ses réseaux de formation catéchétique pour les croyants de tous les âges.
L'enjeu
La position est délicate pour les évêques. Pour l'instant, le temps joue en leur faveur. S'ils réussissent effectivement à consolider au fil des années à venir des parcours de formation catéchétique plus efficaces et à resserrer les liens entre les communautés de croyants, ils auront réussi à tirer profit des changements provoqués par l'arrivée du nouveau cours d'éthique et de culture religieuse. Mais s'ils échouent et, pis, si les craintes des parents opposés au cours ECR en viennent à être partagées par une écrasante majorité de catholiques dans la province, l'échec prendrait des décennies à corriger, un luxe que l'Église n'a visiblement pas en ce moment.
Il sera donc intéressant d'observer quelle importance prendra le cours ECR la semaine prochaine parmi les autres sujets qui seront également abordés, dont la catéchèse. La question du vocabulaire employé risque d'être intéressante à analyser pour déterminer si la position de l'AECQ évolue ou non au sujet du cours ECR.
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jeudi 17 septembre 2009
jeudi 3 septembre 2009
ECR : le jugement de Drummondville et la déchirure catholique
Le récent jugement défavorable aux parents dans le procès de Drummondville au sujet du caractère obligatoire du cours d'éthique et de culture religieuse fait mal. En plus de la défaite et du fait que le juge Jean-Guy Dubois n'estime pas que ce cours cause un préjudice grave aux parents, une douloureuse réalité accompagne le jugement rendu en Cour supérieure : le différent, loin d'opposer exclusivement l'État aux parents, est caractéristique d'une déchirure interne dans le catholicisme québécois.
Des positions pour et contre le cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) se retrouvent au sein du catholicisme québécois. Des positions respectives qui suscitent de grandes suspicions et qui alimentent une crise de légitimité des autorités catholiques, créant de ce fait même, avec une particularité toute québécoise, une situation semblable à celles qui s'observent ailleurs dans le monde sur la question de l'intégrisme.
Évêques et théologien
Plusieurs parents n'ont toujours pas digéré la décision de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ) de donner son aval au nouveau cours. À leurs yeux, il s'agit d'un acte de haute trahison. Plusieurs ne cachent pas leur dégoût d'un épiscopat québécois qu'ils considèrent comme faible, mou et déphasée de Rome.
En soi, la situation est ironique : en partant du principe qu'un bon catholique doit reconnaître la canonicité des positions romaines, on s'en prend à l'épiscopat, la quintessence de la représentation hiérarchique dans l'Église. Une manière de court-circuiter l'AECQ et de nier en quelque sorte la légitimité de l'épiscopat québécois et de sa prise de parole.
Ensuite, il est remarquable de voir avec quelle hargne le professeur Gilles Routhier, un prêtre théologien qui enseigne à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval, a été pris à partie suite à son intervention en tant que témoin expert lors du procès de Drummondville. Le professeur Routhier est longuement cité dans le jugement de Jean-Guy Dubois, qui a vu en lui un expert neutre qui « fait une présentation globale des enseignements de l'Église catholique et de la position de ses dirigeants démontrant que l'enseignement des autres religions ne brime pas la liberté de conscience de qui que ce soit ».
Tant pour les évêques que pour le professeur Routhier, leurs propos qui vont à l'encontre de ce que plusieurs parents opposés au cours aimeraient entendre provoquent un rejet en bloc de ces positions, un rejet qui va même, dans le cas du professeur Routhier, à une remise en cause de son appartenance catholique (!).
Crise au sein du catholicisme québécois
Les divisions que provoquent le cours d'éthique et de culture religieuse exacerbent davantage chez plusieurs parents catholiques le sentiment d'être ostracisés dans la société québécoise. La frustration qui en découle s'est cristallisée, suite à la décision du juge Dubois, autour de la question de la « catholicité » du jugement. La Coalition pour la liberté en éducation, principalement constituée de parents catholiques, a immédiatement jugé que « ce jugement est basé sur une interprétation de la religion catholique alors que nous réclamons le respect des droits de tous les citoyens, croyants comme athées ».
Cette déclaration de la CLE rappelle le discours, habile, qu'elle tient depuis le début de sa contestation. Elle sait en effet que d'avoir joué la carte catholique lui aurait probablement nui davantage qu'aidé auprès d'un vaste public. D'où le sentiment encore plus fort de frustration face à un jugement défavorable justifié par... des instances catholiques. La stratégie n'a pas fonctionné.
Entre un catholicisme qui n'existe plus et un catholicisme à venir encore en définition, l'enfantement est douloureux.
Le reflet de la planète catho
Face à ces questions, plusieurs Québécois ne comprennent pas leur Église. Il y a, d'une part, ceux qui disqualifient l'AECQ et tout point de vue catholique favorable au nouveau cours et qui provoquent une crise de légitimité de la prise de parole publique de l'épiscopat québécois, et, d'autre part, ceux qui disqualifient l'Église catholique dans son ensemble en jugeant sa vision du monde trop rétrograde.
Bref, au Québec par les temps qui courent, l'Église est à la fois trop molle et trop sévère.
Mais une telle situation n'est que le reflet d'une réalité plus vaste qui englobe depuis plusieurs mois déjà l'ensemble du catholicisme mondial. Elle s'inscrit dans le débat provoqué par la levée des excommunications de certains évêques de la Fraternité Saint-Pie-X par Rome au tournant de l'année. La vitalité de plusieurs groupes qualifiés d'intégristes étonne au fur et à mesure qu'ils osent élever la voix, tant en Amérique qu'en Europe. La planète catho prend conscience que l'héritage du Concile Vatican II est loin d'être une chose acquise, et que cet héritage est également soumis à une panoplie de lectures... dont celle de disqualifier, à tort ou à raison, la prise de parole d'instances catholiques bien en vue, au nom, ironiquement, du catholicisme.
Des positions pour et contre le cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) se retrouvent au sein du catholicisme québécois. Des positions respectives qui suscitent de grandes suspicions et qui alimentent une crise de légitimité des autorités catholiques, créant de ce fait même, avec une particularité toute québécoise, une situation semblable à celles qui s'observent ailleurs dans le monde sur la question de l'intégrisme.
Évêques et théologien
Plusieurs parents n'ont toujours pas digéré la décision de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ) de donner son aval au nouveau cours. À leurs yeux, il s'agit d'un acte de haute trahison. Plusieurs ne cachent pas leur dégoût d'un épiscopat québécois qu'ils considèrent comme faible, mou et déphasée de Rome.
En soi, la situation est ironique : en partant du principe qu'un bon catholique doit reconnaître la canonicité des positions romaines, on s'en prend à l'épiscopat, la quintessence de la représentation hiérarchique dans l'Église. Une manière de court-circuiter l'AECQ et de nier en quelque sorte la légitimité de l'épiscopat québécois et de sa prise de parole.
Ensuite, il est remarquable de voir avec quelle hargne le professeur Gilles Routhier, un prêtre théologien qui enseigne à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval, a été pris à partie suite à son intervention en tant que témoin expert lors du procès de Drummondville. Le professeur Routhier est longuement cité dans le jugement de Jean-Guy Dubois, qui a vu en lui un expert neutre qui « fait une présentation globale des enseignements de l'Église catholique et de la position de ses dirigeants démontrant que l'enseignement des autres religions ne brime pas la liberté de conscience de qui que ce soit ».
Tant pour les évêques que pour le professeur Routhier, leurs propos qui vont à l'encontre de ce que plusieurs parents opposés au cours aimeraient entendre provoquent un rejet en bloc de ces positions, un rejet qui va même, dans le cas du professeur Routhier, à une remise en cause de son appartenance catholique (!).
Crise au sein du catholicisme québécois
Les divisions que provoquent le cours d'éthique et de culture religieuse exacerbent davantage chez plusieurs parents catholiques le sentiment d'être ostracisés dans la société québécoise. La frustration qui en découle s'est cristallisée, suite à la décision du juge Dubois, autour de la question de la « catholicité » du jugement. La Coalition pour la liberté en éducation, principalement constituée de parents catholiques, a immédiatement jugé que « ce jugement est basé sur une interprétation de la religion catholique alors que nous réclamons le respect des droits de tous les citoyens, croyants comme athées ».
Cette déclaration de la CLE rappelle le discours, habile, qu'elle tient depuis le début de sa contestation. Elle sait en effet que d'avoir joué la carte catholique lui aurait probablement nui davantage qu'aidé auprès d'un vaste public. D'où le sentiment encore plus fort de frustration face à un jugement défavorable justifié par... des instances catholiques. La stratégie n'a pas fonctionné.
Entre un catholicisme qui n'existe plus et un catholicisme à venir encore en définition, l'enfantement est douloureux.
Le reflet de la planète catho
Face à ces questions, plusieurs Québécois ne comprennent pas leur Église. Il y a, d'une part, ceux qui disqualifient l'AECQ et tout point de vue catholique favorable au nouveau cours et qui provoquent une crise de légitimité de la prise de parole publique de l'épiscopat québécois, et, d'autre part, ceux qui disqualifient l'Église catholique dans son ensemble en jugeant sa vision du monde trop rétrograde.
Bref, au Québec par les temps qui courent, l'Église est à la fois trop molle et trop sévère.
Mais une telle situation n'est que le reflet d'une réalité plus vaste qui englobe depuis plusieurs mois déjà l'ensemble du catholicisme mondial. Elle s'inscrit dans le débat provoqué par la levée des excommunications de certains évêques de la Fraternité Saint-Pie-X par Rome au tournant de l'année. La vitalité de plusieurs groupes qualifiés d'intégristes étonne au fur et à mesure qu'ils osent élever la voix, tant en Amérique qu'en Europe. La planète catho prend conscience que l'héritage du Concile Vatican II est loin d'être une chose acquise, et que cet héritage est également soumis à une panoplie de lectures... dont celle de disqualifier, à tort ou à raison, la prise de parole d'instances catholiques bien en vue, au nom, ironiquement, du catholicisme.
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mardi 1 septembre 2009
Cours ECR : amer revers des parents à Drummondville
Amer revers pour les parents qui s'opposent au caractère obligatoire du cours d'éthique et de culture religieuse qui entre cet automne dans sa deuxième année : la Cour supérieure du Québec, en la personne du juge Jean-Guy Dubois, a donné raison à la commission scolaire Des Chênes, au Centre-du-Québec, contre les parents dans un procès hautement médiatisé.
La décision a été rendue lundi. La requête des deux parents qui avaient porté plainte contre leur commission scolaire a été rejetée par le juge. Les parents songent à aller en appel.
Dans le jugement dit de Drummondville, « le tribunal ne voit pas comment le cours d'éthique et de culture religieuse brime la liberté de conscience et de religion des demandeurs pour les enfants, alors que l'on fait une présentation globale de diverses religions sans obliger les enfants à y adhérer ».
La présidente de la Coalition pour la liberté en éducation (CLE), Marie-Josée Croteau, estime que « ce jugement est basé sur une interprétation de la religion catholique alors [que la CLE réclame] le respect des droits de tous les citoyens, croyants comme athées ».
Deux autres jugements sont attendus suite à celui de Drummondville. Il s'agit d'abord de celui des élèves de Granby qui ont subi des sanctions pour ne pas assister au cours d'éthique et de culture religieuse. Ensuite, celui mettant en cause l'école privée Loyola High School de Montréal, qui demande le libre choix du contenu pédagogique. L'issue pourrait ne pas être la même puisque la décision devrait porter sur d'autres critères que ceux des droits et libertés qui étaient au coeur de l'argumentaire de Drummondville.
La décision a été rendue lundi. La requête des deux parents qui avaient porté plainte contre leur commission scolaire a été rejetée par le juge. Les parents songent à aller en appel.
Dans le jugement dit de Drummondville, « le tribunal ne voit pas comment le cours d'éthique et de culture religieuse brime la liberté de conscience et de religion des demandeurs pour les enfants, alors que l'on fait une présentation globale de diverses religions sans obliger les enfants à y adhérer ».
La présidente de la Coalition pour la liberté en éducation (CLE), Marie-Josée Croteau, estime que « ce jugement est basé sur une interprétation de la religion catholique alors [que la CLE réclame] le respect des droits de tous les citoyens, croyants comme athées ».
Deux autres jugements sont attendus suite à celui de Drummondville. Il s'agit d'abord de celui des élèves de Granby qui ont subi des sanctions pour ne pas assister au cours d'éthique et de culture religieuse. Ensuite, celui mettant en cause l'école privée Loyola High School de Montréal, qui demande le libre choix du contenu pédagogique. L'issue pourrait ne pas être la même puisque la décision devrait porter sur d'autres critères que ceux des droits et libertés qui étaient au coeur de l'argumentaire de Drummondville.
mardi 11 août 2009
Actualité religieuse : les promesses de septembre
En termes d'actualité religieuse au Québec, le mois de septembre est rempli de promesses. Il sera intéressant de voir comment les événements à venir seront, d'une part, utilisés au sein de l'Église catholique et, d'autre part, couverts par les médias.
Le tout débute en lion avec le retour à l'école, qui sera sans doute accompagné du retour du débat portant sur le cours d'éthique et de culture religieuse. Les résultats des procès de Drummondville et de Montréal sont attendus avec impatience et la grogne des parents continue.
1984
Ensuite, le mois de septembre marquera le 25e anniversaire de la longue visite du pape Jean-Paul II au Canada (1984). Jusqu'à maintenant, les diocèses du Québec brillent par l'absence d'activité commémorative de grande ampleur. J'ai reçu des messages de certains catholiques qui s'inquiètent du manque d'activités officielles entourant cet anniversaire. D'ailleurs, de telles commémorations pourraient être l'occasion de rappeler toutes les avancées dans le dialogue entre l'Église catholique et les peuples des Premières nations du Canada au cours de la dernière année, dialogue qui est justement très redevable à Jean-Paul II.
Pour une deuxième année, ce sera le retour du Dimanche de la catéchèse organisé par l'Office de catéchèse du Québec. L'an dernier, le porte-parole était Emmett Johns, le « père Pops », qui avait livré un témoignage émouvant à l'occasion d'une conférence de presse où les journalistes brillaient par leur absence, visiblement peu intéressés par cette initiative. Cette année, le principal porte-parole est Mgr Maurice Couture, archevêque émérite du diocèse de Québec. Il aura la lourde tâche d'expliquer en quoi consiste au juste le Dimanche de la catéchèse, ce que l'Église catholique a eu des difficultés à faire l'an dernier à l'extérieur de cercles catéchétiques très restreints. La trousse est déjà disponible depuis un bon moment à cette adresse.
La théologie québécoise en crise
C'est également le retour en classe pour les universitaires, et ça sent le roussi pour les différentes facultés de théologie dans la province. C'est sans surprise que le doyen de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval, l'abbé Marc Pelchat, m'indiquait la semaine dernière que la faculté cherche à couper dans ses dépenses. Malgré tout, elle conserve une place relativement enviable au Québec en ce qui concerne l'enseignement de la théologie catholique.
Du côté de l'Université de Sherbrooke, la Faculté de théologie vient d'être amputée en juin dernier des études en philosophie, qui relèvent maintenant de la Faculté des lettres et des sciences humaines. On a également changé le nom pour Faculté de théologie au lieu de Faculté de théologie, d'éthique et de philosophie. De plus, rappelons qu'en date de septembre 2008, la faculté comptait moins de 250 étudiants sur les près de 17 500 inscrits à l'Université de Sherbrooke, ce qui correspond à environ 1% des étudiants...
Quant à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l'Université de Montréal, la nomination de Jean-Claude Breton au poste de doyen en remplacement de Jean Duhaime au mois de juin soulève des questions sur la vision d'avenir de la faculté. Car si les compétences du frère dominicain ne sont plus à démontrer, son âge avancé en a étonné plus d'un au moment de sa nomination.
Bref, septembre est rempli de promesses. Reste maintenant à voir qui devra s'en porter garant.
Le tout débute en lion avec le retour à l'école, qui sera sans doute accompagné du retour du débat portant sur le cours d'éthique et de culture religieuse. Les résultats des procès de Drummondville et de Montréal sont attendus avec impatience et la grogne des parents continue.
1984
Ensuite, le mois de septembre marquera le 25e anniversaire de la longue visite du pape Jean-Paul II au Canada (1984). Jusqu'à maintenant, les diocèses du Québec brillent par l'absence d'activité commémorative de grande ampleur. J'ai reçu des messages de certains catholiques qui s'inquiètent du manque d'activités officielles entourant cet anniversaire. D'ailleurs, de telles commémorations pourraient être l'occasion de rappeler toutes les avancées dans le dialogue entre l'Église catholique et les peuples des Premières nations du Canada au cours de la dernière année, dialogue qui est justement très redevable à Jean-Paul II.
Pour une deuxième année, ce sera le retour du Dimanche de la catéchèse organisé par l'Office de catéchèse du Québec. L'an dernier, le porte-parole était Emmett Johns, le « père Pops », qui avait livré un témoignage émouvant à l'occasion d'une conférence de presse où les journalistes brillaient par leur absence, visiblement peu intéressés par cette initiative. Cette année, le principal porte-parole est Mgr Maurice Couture, archevêque émérite du diocèse de Québec. Il aura la lourde tâche d'expliquer en quoi consiste au juste le Dimanche de la catéchèse, ce que l'Église catholique a eu des difficultés à faire l'an dernier à l'extérieur de cercles catéchétiques très restreints. La trousse est déjà disponible depuis un bon moment à cette adresse.
La théologie québécoise en crise
C'est également le retour en classe pour les universitaires, et ça sent le roussi pour les différentes facultés de théologie dans la province. C'est sans surprise que le doyen de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval, l'abbé Marc Pelchat, m'indiquait la semaine dernière que la faculté cherche à couper dans ses dépenses. Malgré tout, elle conserve une place relativement enviable au Québec en ce qui concerne l'enseignement de la théologie catholique.
Du côté de l'Université de Sherbrooke, la Faculté de théologie vient d'être amputée en juin dernier des études en philosophie, qui relèvent maintenant de la Faculté des lettres et des sciences humaines. On a également changé le nom pour Faculté de théologie au lieu de Faculté de théologie, d'éthique et de philosophie. De plus, rappelons qu'en date de septembre 2008, la faculté comptait moins de 250 étudiants sur les près de 17 500 inscrits à l'Université de Sherbrooke, ce qui correspond à environ 1% des étudiants...
Quant à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l'Université de Montréal, la nomination de Jean-Claude Breton au poste de doyen en remplacement de Jean Duhaime au mois de juin soulève des questions sur la vision d'avenir de la faculté. Car si les compétences du frère dominicain ne sont plus à démontrer, son âge avancé en a étonné plus d'un au moment de sa nomination.
Bref, septembre est rempli de promesses. Reste maintenant à voir qui devra s'en porter garant.
jeudi 16 juillet 2009
Texte pro-ECR du Prions en Église : peu d'impact sur les désabonnements
Le 7 juin dernier, le Prions en Église publiait un texte en faveur du cours d’éthique et de culture religieuse (ECR) nouvellement obligatoire au Québec. Malgré la vive réaction de plusieurs croyants agacés par cette initiative, cela n’a pas eu d’impact statistique sur les désabonnements.
Classé sous la rubrique Prier et réfléchir en Église, le texte de l’enseignant Yves Roy intitulé Éthique et culture religieuse, un tournant essentiel s’était attiré de cinglantes critiques.
Jean Renaud de la revue Égards (qui se présente comme une revue de la « résistance conservatrice ») s’en est pris aux responsables du Prions en Église : « Dans son édition du 7 juin dernier, le Prions en Église, qui a fait montre une nouvelle fois de son manque de jugement, a cru bon de se mettre au service de l’État en publiant un texte d’une rare médiocrité », a-t-il avancé. Il ajoute plus loin que « Jacques Lison, le directeur de Prions en Église, et son équipe ont suffisamment profité de la parole de Dieu et de la liturgie catholique pour leur travail de sape idéologique. » (« Prions en Église au service de l’État », Égards no. 23, 19 juin 2009).
Le blogue québécois Pour une école libre au Québec a également vilipendé le travail de l’équipe de Novalis en publiant une note intitulée Désinformer les paroissiens : parti-pris de Prions en Église. On y parle du texte du 7 juin comme d’une « profession de foi pro-ECR » et on propose une critique presque phrase par phrase du texte de Yves Roy.
Du côté de Prions en Église, on rétorque que de telles prises de positions n’ont pas eu d’impact statistique sur les abonnements. Le texte paru le 7 juin, au moment même où l’année scolaire tirait à sa fin et où des procès impliquant le cours ECR défrayaient la manchette à Drummondville et à Montréal, était planifié depuis la fin de l’été 2008. Le document a été envoyé à l’équipe du Prions en Église le 15 décembre dernier.
Aux yeux de Jacques Lison, directeur des revues religieuses, Novalis, et directeur du Prions en Église, la contestation vient d’un groupe restreint mais bruyant : « J’ai reçu environ cinq courriels. On a voulu nous prêter des intentions que nous n’avons pas », explique-t-il en rappelant que le rôle de Prions en Église n’est pas d’entrer dans des débats passionnés. « Nous nous mettons au service de la foi, des gens et de la liturgie d’ici », fait plutôt valoir Jacques Lison.
De l'aveu du directeur du Prions en Église, il est difficile de plaire à tous les catholiques avec le Prions en Église. Un texte trop mou ou goût de certains peut tout aussi bien être perçu comme étant trop dur au goût des autres, rendant l'exercice hautement délicat.
Classé sous la rubrique Prier et réfléchir en Église, le texte de l’enseignant Yves Roy intitulé Éthique et culture religieuse, un tournant essentiel s’était attiré de cinglantes critiques.
Jean Renaud de la revue Égards (qui se présente comme une revue de la « résistance conservatrice ») s’en est pris aux responsables du Prions en Église : « Dans son édition du 7 juin dernier, le Prions en Église, qui a fait montre une nouvelle fois de son manque de jugement, a cru bon de se mettre au service de l’État en publiant un texte d’une rare médiocrité », a-t-il avancé. Il ajoute plus loin que « Jacques Lison, le directeur de Prions en Église, et son équipe ont suffisamment profité de la parole de Dieu et de la liturgie catholique pour leur travail de sape idéologique. » (« Prions en Église au service de l’État », Égards no. 23, 19 juin 2009).
Le blogue québécois Pour une école libre au Québec a également vilipendé le travail de l’équipe de Novalis en publiant une note intitulée Désinformer les paroissiens : parti-pris de Prions en Église. On y parle du texte du 7 juin comme d’une « profession de foi pro-ECR » et on propose une critique presque phrase par phrase du texte de Yves Roy.
Du côté de Prions en Église, on rétorque que de telles prises de positions n’ont pas eu d’impact statistique sur les abonnements. Le texte paru le 7 juin, au moment même où l’année scolaire tirait à sa fin et où des procès impliquant le cours ECR défrayaient la manchette à Drummondville et à Montréal, était planifié depuis la fin de l’été 2008. Le document a été envoyé à l’équipe du Prions en Église le 15 décembre dernier.
Aux yeux de Jacques Lison, directeur des revues religieuses, Novalis, et directeur du Prions en Église, la contestation vient d’un groupe restreint mais bruyant : « J’ai reçu environ cinq courriels. On a voulu nous prêter des intentions que nous n’avons pas », explique-t-il en rappelant que le rôle de Prions en Église n’est pas d’entrer dans des débats passionnés. « Nous nous mettons au service de la foi, des gens et de la liturgie d’ici », fait plutôt valoir Jacques Lison.
De l'aveu du directeur du Prions en Église, il est difficile de plaire à tous les catholiques avec le Prions en Église. Un texte trop mou ou goût de certains peut tout aussi bien être perçu comme étant trop dur au goût des autres, rendant l'exercice hautement délicat.
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