samedi 17 octobre 2009

Épiscopat québécois : départ de Rolande Parrot

La responsable des communications de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec vient de prendre sa retraite. Mme Rolande Parrot, qui occupait ce poste depuis 1998, quitte en partie en raison de la fatigue accumulée. Elle a déjà quitté ses fonctions.

Dès l'annonce de son départ cette semaine, des messages de remerciement et d'encouragement ont afflué, particulièrement sur le blogue de l'Association canadienne des périodiques catholiques.

Quant à l'avenir des communications à l'AECQ, le secrétaire général Bertrand Ouellet a simplement indiqué que l'exécutif devra se pencher sur cette question dans les jours à venir.

Mme Parrot a eu une longue carrière dans le domaine des communications ecclésiales. En 2008, elle a reçu le prix Marie-Guyart qui récompense une personne pour son travail dans l'univers des périodiques catholiques canadiens.

jeudi 15 octobre 2009

1,9 million $ : multiplication des pains pour Sel + Lumière

Au réveil ce matin, Télévision Sel + Lumière était plus riche de près de 1,9 million $. Grâce à quelques dons majeurs, cette chaîne câblée catholique tire plutôt bien son épingle du jeu dans la difficile joute des dons.

« Cette soirée est un témoignage du soutien important qu'obtient Télévision Sel + Lumière d'un bout à l'autre du pays », a affirmé le père Thomas Rosica, csb, pdg de la Fondation catholique Sel et Lumière média.

La somme a été amassée au cours d'une soirée bénéfice rassemblant 150 convives qui se tenait au Royal Ontario Museum. Ce gala 2009, Une soirée à la Mer morte, s'est tenu autour de l'exposition historique sur les Manuscrits de la mer Morte et des Dix Commandements du Deutéronome.

Retenons comme principal fait marquant de la soirée un don de 1 million $ de la part de la Fondation Hilary M. Weston pour la jeunesse (famille Weston) pour le développement de nouvelles émissions présentant les enseignements du pape Benoît XVI sur les relations interreligieuses.

Deux autres dons majeurs ne sont pas passés inaperçus : le Conseil suprême des Chevaliers de Colomb a donné 500 000 $, tandis que la famille Desmarais et Power Corporation du Canada a accordé 50 000 $ à la chaîne bilingue.

Sel + Lumière existe depuis à peine six ans et compte environ 2 millions de téléspectateurs au Canada.

mardi 13 octobre 2009

Investissements en patrimoine religieux : l'impact médiatique pourrait être mitigé

Le 6 octobre dernier, le gouvernement du Québec annonçait officiellement les montants accordés à la restauration du patrimoine religieux cette année. Or, contrairement à l'an dernier, il était ardu de mettre la main sur la liste complète des projets retenus auprès du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine. Fait anecdotique ou changement de stratégie ?

Autrement dit, les journalistes ont pu connaître le total des investissements par région administrative du Québec, mais n'ont pas pu avoir accès à une liste détaillée des projets retenus pour l'ensemble de la province auprès du ministère. Cette liste peut cependant être consultée en cliquant sur ce lien, le site du Conseil du patrimoine religieux du Québec.

Pourtant, pour arriver au total de 23 millions de dollars, il a bien fallu compiler les montants des différents projets au ministère de la Culture. D'ailleurs, même la quantité de projets est précisée par région. La ministre Christine St-Pierre a donc fait une annonce de 23 millions de dollars avec un communiqué gouvernemental dépourvu de sa moelle.

Confusion au ministère
Ce qui est surtout inquiétant, c'est de constater que les responsables des communications du ministère n'étaient pas en possession de cette liste et n'étaient pas en mesure, au lendemain de l'annonce faite par la ministre dans l'église Saint-Dominique, à Québec, d'indiquer clairement aux journalistes où se la procurer.

On a simplement indiqué que, du côté du ministère, les annonces se feront au fur et à mesure dans les différentes régions. Par ailleurs, on n'a pas été en mesure de confirmer qu'il s'agit d'un nouveau plan de communications.

Veut-on permettre au Conseil du patrimoine religieux du Québec de briller davantage pour mieux se concentrer sur d'autres dossiers ?

Pourquoi cette confusion au sein des communications du ministère ?

Quant à savoir ce qui s'est réellement passé, tout n'est que spéculation.

Notons avant tout qu'il s'agit d'un changement d'approche comparativement aux années précédentes. Avant, dès que l'annonce était faite, la liste était disponible facilement auprès du gouvernement du Québec, ce qui permettait de comparer les différents projets un peu partout dans la province d'un rapide coup d'oeil.

Au compte-goutte
Mais cette année, l'information sortira visiblement au compte-goutte. Heureusement, le ministère a déjà commencé à détailler lui-même ses annonces régionales. Ainsi, le 9 octobre, on « apprenait » le détail des investissements au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Cette annonce a toutefois été nettement éclipsée par celle, faite le même jour, de 30 millions de dollars pour le monastère des Augustines à Québec. Déjà un problème de synchronisme médiatique...

Il faut dire que ces annonces « coïncidaient » avec le colloque international Des couvents en héritage qui s'est tenu à Montréal et Québec du 7 au 11 octobre, un moment pour le moins stratégiquement bien choisi pour faire des annonces d'envergure.

Malheureusement, ces annonces laisseront effectivement une impression de déjà vu tout au long de l'année pour tout journaliste qui aura consulté la liste détaillée des projets sur le site du Conseil du patrimoine religieux du Québec.

Le pari du gouvernement
Il semble raisonnable de présumer que le choix de répartir les annonces liées au patrimoine religieux vise à augmenter la visibilité médiatique de l'impact des investissements de la part de Québec. En étant amenés à en parler plus souvent, les médias du Québec contribueront peut-être à développer un plus grand sentiment d'appartenance envers des lieux de culte qui servent de moins en moins... au culte.

Mais l'effet contraire pourrait également se produire.

Le cas Bétancourt
Lors de la rencontre plénière des évêques du Québec il y a quelques semaines, la conférence de presse était prévue le mercredi. Or, cela coïncidait avec la visite au Québec d'Ingrid Bétancourt, l'ex-otage des Forces armées révolutionnaires de Colombie. Au moment même où se déroulait la conférence de presse des évêques, Ingrid Bétancourt recevait la médaille d'honneur de l'Assemblée nationale à Québec. Où étaient braquées les caméras à votre avis ?

Avec sa nouvelle approche, le ministère de la Culture risque de semer la confusion. En multipliant les annonces, une même question surgit inévitablement : les montants sont-ils compris dans le 23 millions $ du 6 octobre ? En plein le genre de question qu'un journaliste n'aime pas se poser plusieurs mois plus tard.

Les médias n'aiment pas la confusion. Plusieurs préféreront tout simplement se concentrer sur un autre sujet plutôt que de se prendre la tête sur des chiffres concernant le patrimoine. Dommage.

Cela fera-t-il en sorte que l'impact médiatique sera mitigé au cours de la prochaine année ? Nous aurons la réponse dans quelques mois...

lundi 5 octobre 2009

Le dalaï-lama à Montréal : lieux communs spirituels, lieux communs journalistiques

Le dalaï-lama a la cote auprès des médias québécois. De passage à Montréal samedi dernier, le chef spirituel des Tibétains a donné une conférence sur le thème de la compassion devant plus de 14 000 personnes au Centre Bell en après-midi. Mais avec les trop nombreux lieux communs spirituels et lieux communs journalistiques, Montréal ne retiendra sans doute que peu de choses du passage du Prix Nobel de la paix.

Le coeur du message du dalaï-lama a été livré à la fin de sa conférence. Parlant de la compassion, ce dernier l'a présentée comme une nécessité pour le monde moderne. Selon lui, cette nécessité doit occulter les différences. Le leader bouddhiste a ainsi classé la société en trois catégories. Dans la première catégorie, il place les croyants attachés à une religion théiste. Dans la seconde se retrouvent ceux attachés à une religion non théiste. Enfin, les gens sans religion constituent la troisième catégorie. Le défi, selon le dalaï-lama, consiste à transmettre le message que la compassion est valable pour tous et qu'elle transcende ces catégories.

Voilà une couverture superficielle de ce qu'il a dit... mais c'est déjà plus que ce qui a pu paraître dans les grands quotidiens québécois. C'est tout juste si les articles ne sont pas écrits avant son passage. Peu importe ce qu'il dit, les articles reprennent quelques idées générales. Par exemple, on revient sur sa personnalité sympathique, sur les relations avec la Chine et sur sa fameuse phrase selon laquelle « toutes les religions sont bonnes ».

Or, samedi après-midi, au Centre Bell, c'était loin d'être l'accueil de « vedette rock », comme l'ont écrit certains médias. Après l'émotion palpable qui a suivi son entrée en scène, l'ambiance est redevenue plutôt moribonde.

Problèmes techniques
Le dalaï-lama a choisi de l'exprimer en anglais, une langue qu'il ne maîtrise pas. Et malheureusement pour lui, la calibration sonore n'était pas au point. Résultat : son propos se perdait dans le gigantesque espace du Centre Bell. Et ça, c'est quand son micro fonctionnait. Les francophones ont cru un instant que les propos du sage seraient clarifiés par le moine français Matthieu Ricard, mais peine perdu : ce dernier parlait trop rapidement et articulait trop peu pour être facilement compréhensible.

Lieux communs spirituels
« Je suis un être humain parmi six milliards d'êtres humains », « Connais-toi toi-même et ouvre ton coeur aux autres » : répliques d'un dessin animé du samedi matin ou réflexions du dalaï-lama. La réponse étonne. Et déçoit.

Certes, il n'était pas là pour s'adresser à des initiés. Il a d'ailleurs invité la foule à ne pas avoir trop d'attentes envers lui. Malgré tout, la déception était visible chez plusieurs personnes à la fin de la séance. Car malgré la beauté et la véracité d'un message centré sur l'amour, l'accueil et la compassion, on s'attendait quand même à plus de la part d'un homme de la trempe du dalaï-lama. Alain Crevier, l'animateur de Second Regard à la SRC, offre également une réflexion du même genre...

Lieux communs journalistiques
Cela n'a pas empêché plusieurs journalistes de sombrer dans les sempiternels clichés entourant la couverture médiatique du dalaï-lama. « Alors que les églises au Québec ferment les unes après les autres, le dalaï-lama, lui, remplit le Centre Bell », peut-on lire sur canoe.ca.

D'autre part, on se demande si le journaliste de Rue Frontenac est resté jusqu'à la fin de la conférence. En tout cas, on aura compris qu'il a aimé la conférence de presse précédant l'événement.

Au journal La Presse, l'article était avant tout axé sur la question des relations avec la Chine. D'ailleurs, rares sont les journalistes qui ne réduisent pas une visite du dalaï-lama à cet élément.

Quant au Devoir, on a fait fort : une simple photo accompagnée d'un court texte qui trouve tout de même le moyen d'offrir le concentré des clichés évoqués plus haut. Il a toutefois le mérite d'être clair et de s'en tenir aux faits.

Finalement, c'est l'article de The Gazette qui se démarque du lot pour sa qualité. Et aussi parce que le journaliste, en faisant allusion à des moments qui sont survenus tardivement dans la conférence, démontre qu'il a réellement assisté à l'événement et pas seulement à la conférence de presse.

mercredi 30 septembre 2009

L'ex-évêque d'Antigonish accusé de possession de porno juvénile

Mgr Raymond J. Lahey, l'évêque démissionnaire d'Antigonish, est accusé de possession de pornographie juvénile. Il a été interpellé à l'aéroport d'Ottawa le 15 septembre dernier lorsque des agents des Services frontaliers ont trouvé de la pornographie juvénile dans son ordinateur portable lors d'une fouille aléatoire. Mgr Lahey rentrait alors d'un voyage aux États-Unis. Les agents l'ont laissé partir, sans porter d'accusations.

Mais vendredi dernier, le 25 septembre, un mandat d'arrêt pancanadien a été émis à son endroit pour possession et importation de pornographie juvénile. La police d'Ottawa a indiqué que les agents des Services frontaliers poursuivent leur enquête, sans toutefois donner plus de détails sur le contenu de son ordinateur.

Le lendemain, Mgr Lahey démissionnait.

Plus de détails suivront

De la pitié à la haine
Qu'il soit reconnu coupable ou non importe peu sur l'effet médiatique de cette annonce. Quelques heures à peine après la parution de la nouvelle aujourd'hui, les internautes se déchaînaient, tant chez les francophones que les anglophones.

Sur le site du National Post, une femme rappelle que ce sont surtout des prêtres qui ont été pris dans de telles histoires jusqu'à présent. « Sera-t-il le premier parmi plusieurs évêques ? », questionne-t-elle.

Du côté de radio-canada.ca, une dame n'hésite pas à dire sa gêne d'être catholique, tandis qu'un homme de Gatineau affirme « que le niveau de confiance va encore baisser envers le clergé ».

Entre les propos et incendiaires et les accusations, un petit malin se demandait si l'évêque aura droit à une pétition en sa faveur, comme le cinéaste Roman Polanski, accusé d'avoir violé une fillette de 13 ans il y a plusieurs années.

Au moment de sa démission en fin de semaine, les catholiques éprouvaient de la pitié envers cet homme dont le travail épiscopal à Antigonish a été marqué par la sombre histoire d'abus sexuels commis dans ce diocèse au cours des dernières décennies. Après avoir supervisé le règlement du recours collectif de 13 millions $ pour les victimes, et après avoir présenté des excuses officielles au mois d'août, il partait la tête haute.

Son départ semblait clore cette sordide histoire une fois pour toutes.

Mais à peine quelques jours après la démission de Mgr Raymond J. Lahey, voilà que les plaies d'un diocèse meurtri et honteux s'ouvrent à nouveau, effaçant du même coup les récentes années de repentance.

lundi 28 septembre 2009

Après les abus sexuels, Antigonish est secoué par la démission de son évêque

Quelques semaines à peine après l'approbation du règlement du recours collectif de 13 millions $ selon lequel le diocèse catholique d’Antigonish doit dédommager des victimes d’abus sexuels commis entre 1950 et 2009, voilà que l’évêque démissionne.

Dans une lettre adressée aux catholiques de son diocèse en fin de semaine, Mgr Raymond J. Lahey a affirmé démissionner pour des « raisons personnelles ». « Je suis conscient que ma démission survient à un moment où le diocèse doit faire face à plusieurs défis », a-t-il indiqué, sans faire explicitement référence à la sordide histoire d’abus sexuels qui a ébranlé ce diocèse néo-écossais au cours des dernières années.

À la fin de sa lettre, Mgr Lahey, visiblement ébranlé, explique qu’il a déjà quitté le diocèse pour prendre le temps de se ressourcer spirituellement.

Au cours des années passées à Antigonish, il a eu la lourde tâche de porter le poids des fautes commises par certains prêtres de son diocèse. Il a présenté des excuses officielles l'été dernier, dans le cadre d'une conférence de presse organisée au début du mois d'août.

Mgr Lahey était évêque d’Antigonish depuis 2003. Entre 1986 et 2003, il était évêque du diocèse de Saint-George’s, dans la province de Terre-Neuve, d’où il est originaire. À 69 ans, il était encore à six ans de l’âge de la retraite canonique pour un évêque.

Mgr Mancini à la rescousse
Le pape Benoît XVI a donc procédé samedi à la nomination de Mgr Anthony Mancini comme administrateur apostolique du diocèse d’Antigonish. Mgr Mancini continue toutefois d’assumer ses responsabilités actuelles comme archevêque de Halifax et administrateur apostolique de Yarmouth.

Comme administrateur apostolique d’Antigonish, Mgr Mancini aura tous les pouvoirs d'un évêque résidentiel pendant la vacance du siège épiscopal.

En tant que membre de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), Mgr Mancini a fait partie de Commissions épiscopales pour la liturgie et pour l’éducation chrétienne (Secteur anglais). Il est actuellement membre du Comité permanent pour les communications.

Mgr Mancini est né en Italie en 1945. Il a été ordonné prêtre à Montréal en 1970. En 1999, il est devenu évêque auxiliaire dans la métropole québécoise. Il est archevêque d’Halifax depuis 2007.

Mgr Mancini a nommé son porte-parole hier, en la personne du père Paul Abbass. Ce dernier a immédiatement remercié le pape pour la rapidité de la transition, rappelant les nombreux défis du diocèse. Il a fait directement référence au règlement de 13 millions $ pour promettre aux victimes qu'elles ne seront pas affectées par le départ de Mgr Lahey.

Une première au Canada
Rappelons que la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse a approuvé le 10 septembre dernier ce règlement de 13 millions $ conclu entre le diocèse d’Antigonish et des victimes d’agressions sexuelles. Les faits reprochés remontent jusqu’aux années 50.

C’était la première fois au Canada qu’une affaire concernant des agressions sexuelles de la part de membres du clergé se règlait à l’extérieur des tribunaux.

La Cour suprême a déterminé que l’entente est juste et équitable pour les gens impliqués. Jusqu’à 70 victimes pourraient bénéficier de cette entente pour des agressions commises par différents prêtres.

Le diocèse d’Antigonish devra vendre plusieurs propriétés pour trouver l’argent nécessaire pour payer ces dédommagements.